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odersa.orgProgramme SantéEn situation réelle : 15 ou 112.

Niveau 3 · Situations complexes

Le coup de chaleur

Sa peau est brûlante et sèche. Ce n'est pas une fièvre, ça ne se traite pas au repos, et le seul geste qui compte est de la refroidir.

La version jouée demande JavaScript. Le déroulé complet de la situation, ses trois choix par scène, les verdicts et les sources sont écrits juste en dessous : la leçon est entière sans jouer.

Fiche à imprimer

Coup de chaleur : soustraire, déshabiller, refroidir

Six règles, tirées des Recommandations premiers secours de la sécurité civile (ministère de l'Intérieur), du référentiel PSC1 2024 et des consignes publiques de l'Assurance Maladie.

  1. 1

    Soustraire la victime à la cause

    C'est la première ligne, avant tout le reste. L'installer dans un endroit frais, climatisé si possible, à l'ombre, à l'abri de la source de chaleur.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  2. 2

    La déshabiller

    Retirer les vêtements de la victime en lui laissant ses sous-vêtements. Un corps qui n'évacue plus sa chaleur a besoin de toute sa surface. Ne pas la couvrir.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  3. 3

    Mouiller et ventiler

    La ventiler pour augmenter la déperdition de chaleur par convection, la mouiller à température ambiante pour l'augmenter par évaporation, appliquer des linges ou des draps imbibés d'eau froide sur son corps. Un tee-shirt et une bouteille suffisent.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  4. 4

    Pas de bain glacé sans avis médical

    Le bain d'eau fraîche vient éventuellement, après avis médical si possible. Ce n'est pas le geste du témoin, et l'eau glacée n'en fait pas partie.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  5. 5

    Hydrater si elle est consciente

    Compenser ses pertes en eau et en sel : donner à boire fréquemment et plus que d'habitude. Sauf si la victime présente des vomissements. Et jamais rien dans la bouche de quelqu'un qui ne répond plus.

    Réagir en cas d'urgence : déshydratation · Assurance Maladie (ameli.fr) · www.ameli.fr
  6. 6

    Refroidir dans tous les cas, et surveiller

    Le refroidissement ne s'arrête pas, même si elle perd connaissance : dans ce cas, position latérale de sécurité et refroidissement poursuivi. Le référentiel donne l'objectif du refroidissement : retrouver une température inférieure à 39,4°C. Surveiller attentivement l'évolution des signes de détresse vitale. Transmettre le bilan pour avis sans délai.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Coup de chaleur et hyperthermie maligne d'effort » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr

Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.

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Sources vérifiées le 23 août 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/le-coup-de-chaleur · contenus sous licence CC BY 4.0.

Le déroulé écrit, scène par scène

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l'imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.

Scène 1 · Ouverture

23 h 40, quatrième nuit de canicule. Le bitume du parking rend encore la chaleur du jour, l'air ne descend pas sous trente et un degrés.

Elle décharge son camion depuis quatre heures. Elle s'arrête au milieu d'une allée, vacille, et s'appuie sur une portière.

Sa peau est brûlante, et elle est sèche : elle ne transpire plus.

Scène 2 · Le constat

Elle te répond, mais lentement, et elle ne sait plus où elle a garé.

Le bâtiment fait une bande d'ombre à vingt mètres, contre le mur nord. C'est le seul endroit frais du parking.

Tu commences par quoi ?

  • Geste juste : Je la sors de la chaleur : à l'ombre du bâtiment, assise, et j'appelle le 15.
    Soustraire la victime à la cause : C'est la première ligne de la conduite à tenir du référentiel, avant tout le reste : soustraire la victime à la cause. Le PSC1 précise ce que cela veut dire pour un malaise provoqué par la chaleur : installer la victime dans un endroit frais et bien aéré. Et transmettre le bilan pour avis sans délai.
  • Erreur : Je la laisse assise contre son camion, elle s'est arrêtée d'elle-même, c'est déjà bien.
    Le bitume est à trente centimètres de sa nuque : Soustraire la victime à la cause est le premier geste, et la cause est là, sous elle et autour d'elle : un parking qui restitue la chaleur accumulée toute la journée. Le référentiel demande de l'installer dans un endroit frais et bien aéré, pas simplement de la laisser s'asseoir.
  • Pas le meilleur choix : Je klaxonne pour attirer du monde.
    Une fenêtre s'ouvre au troisième et se referme : À minuit, en canicule, un klaxon ne rassemble personne. Ton téléphone appelle des gens qui viennent vraiment.

Scène 3 · Refroidir

Elle est assise contre le mur nord, à l'ombre, et le régulateur a dit qu'une équipe partait.

Il a ajouté une phrase : « Refroidissez-la, avec ce que vous avez. » Tu as une bouteille d'eau, un tee-shirt propre dans le camion, et tes deux mains.

Tu la refroidis comment ?

  • Geste juste : Je retire ses vêtements en lui laissant ses sous-vêtements, je mouille le tee-shirt et je le pose sur son front et sa nuque, et je l'évente sans arrêt.
    Déshabiller, mouiller, ventiler : Le référentiel liste les moyens dans cet ordre : retirer les vêtements de la victime en lui laissant les sous-vêtements ; la ventiler pour augmenter la déperdition de chaleur par convection ; la mouiller pour augmenter la déperdition par évaporation ; appliquer des linges ou draps imbibés d'eau froide sur son corps. Tout cela avec un tee-shirt et une bouteille.
  • Erreur : Je l'assois dans le bassin de la fontaine, l'eau y est glacée.
    Le bain n'est pas un geste de témoin : Le référentiel le place à part et sous condition : éventuellement, après avis médical si possible, réaliser un bain d'eau fraîche. Ce n'est pas la première ligne, et ce n'est pas de l'eau glacée. Ce qu'un témoin fait sans autorisation, c'est déshabiller, mouiller, éventer et appliquer des linges humides.
  • Erreur : Je la couvre avec une couverture, elle tremble et je ne veux pas qu'elle prenne froid.
    Sa peau reste brûlante et sèche : Le référentiel demande l'inverse exact : retirer les vêtements de la victime en lui laissant les sous-vêtements, et augmenter la déperdition de chaleur par la ventilation et par l'évaporation. Couvrir quelqu'un dont le corps n'arrive plus à évacuer sa chaleur ferme la seule issue qui reste.

Scène 4 · Boire

Le tee-shirt mouillé est sur sa nuque, tu l'évente avec un carton d'emballage. Sa peau commence à perdre un peu de sa chaleur.

Elle te répond par phrases entières maintenant, et elle demande à boire.

Elle est consciente et elle a soif. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je lui donne à boire, souvent, et je continue de l'éventer.
    Compenser les pertes en eau et en sel : L'Assurance Maladie décrit les gestes en cas de déshydratation modérée chez un adulte ou un grand enfant : allonger la personne et la dévêtir, la rafraîchir par application de linges humides, l'éventer, et compenser ses pertes en eau et en sel en lui donnant à boire fréquemment et plus que d'habitude. Ici, ce qui autorise à faire boire, c'est la branche « la victime ne présente pas de détresse vitale » du référentiel de la sécurité civile, qui demande de l'installer en position de confort et de la réhydrater, avec une seule réserve : sauf si la victime présente des vomissements.
  • Erreur : Elle vient de vomir, mais je la fais boire quand même : elle a perdu trop d'eau.
    Elle recommence, et elle perd davantage : Le référentiel pose l'exception dans la même phrase que le geste : réhydrater la victime, sauf si elle présente des vomissements. Insister ne réhydrate rien, cela vide encore, et cela expose ses voies aériennes. Dans ce cas, on refroidit et on attend l'équipe.
  • Erreur : Je monte le chauffage de ma voiture et je l'y installe pour la faire transpirer.
    Ce n'est pas une fièvre : La conduite à tenir est de refroidir la victime, dans tous les cas, en fonction des moyens disponibles : ventiler, mouiller, appliquer des linges imbibés d'eau froide. La faire transpirer est le raisonnement d'une fièvre virale, et ce n'en est pas une : son corps n'évacue plus la chaleur, il n'a pas besoin qu'on en ajoute.

Scène 5 · Elle s'effondre

Elle s'arrête au milieu d'une phrase, ses yeux se ferment, et elle glisse contre le mur.

Tu lui parles, tu lui secoues l'épaule : plus rien. Sa poitrine, elle, se soulève.

Elle ne répond plus, la bouteille est encore dans ta main.

  • Geste juste : Plus rien à boire. Je la tourne sur le côté, je continue de la refroidir, et je rappelle le 15.
    Deux choses en même temps : la respiration et la température : Le référentiel sépare les deux cas : si la victime présente une détresse vitale, appliquer la conduite à tenir adaptée ; si elle n'en présente pas, l'installer en position de confort et la réhydrater. Elle vient de basculer, donc plus rien dans la bouche, position latérale de sécurité, et le refroidissement continue : dans tous les cas, refroidir la victime.
  • Erreur : Je continue de lui verser de l'eau dans la bouche, c'est ce qui lui manque.
    Rien n'est avalé : La réhydratation est un geste réservé à une victime consciente : le référentiel la place dans la branche « ne présente pas de détresse vitale », et l'autre branche demande d'appliquer la conduite à tenir adaptée. Une personne qui ne répond pas ne déglutit pas : l'eau va dans ses poumons.
  • Erreur : J'arrête de la refroidir : c'est peut-être ça qui l'a fait tourner de l'œil.
    Sa peau redevient brûlante : Le référentiel écrit « dans tous les cas » avant la consigne de refroidir : elle ne dépend pas de l'état de conscience. Ce qui l'a fait basculer, c'est la chaleur qu'elle a accumulée pendant quatre heures, et la seule chose qui la fait redescendre est ce que tu venais d'arrêter.

Scène 6 · L'attente

Elle est sur le côté, à l'ombre, en sous-vêtements, avec deux linges mouillés sur le front et la nuque.

Le régulateur a dit quatre minutes. Tu as les bras en feu à force d'éventer avec un carton.

Quatre minutes. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je continue de la refroidir et de l'éventer, et je surveille sa respiration sans la quitter.
    Refroidir jusqu'au bout, et surveiller : Le référentiel termine la conduite à tenir par exactement ces deux mots : refroidir la victime en fonction des moyens disponibles, et surveiller attentivement la victime, c'est-à-dire l'évolution des signes de détresse vitale et sa température. Et le référentiel dit jusqu'où : l'objectif est de retrouver une température inférieure à 39,4°C. Quatre minutes de carton mouillé est un geste de secours.
  • Erreur : Je la remets debout pour l'emmener dans ma voiture climatisée.
    Elle repart au sol, plus loin de l'ombre : Une personne qui ne répond pas ne se met pas debout : elle reste sur le côté, là où elle est, sous surveillance. L'endroit frais est déjà atteint, et le référentiel demande de refroidir et de surveiller, pas de déplacer.
  • Erreur : J'arrête, je vais m'asseoir : les secours vont s'en occuper dans quatre minutes.
    Quatre minutes sans refroidissement sont quatre minutes de gagnées par la chaleur : La conduite à tenir demande de surveiller attentivement la victime, l'évolution des signes de détresse vitale et sa température, et de refroidir dans tous les cas. Le geste ne s'arrête pas parce qu'une équipe est en route : il s'arrête quand elle le reprend.

Scène 7 · Les secours

Le bleu traverse le bitume et s'arrête à trois mètres. Ils continuent exactement ce que tu faisais, avec de vrais draps et de vraies poches de froid.

L'un d'eux te demande depuis combien de temps tu l'évente. Tu réponds sept minutes, et il te dit que c'est très bien.

Tu n'as rien fait d'autre que de l'ombre, de l'eau et du vent. C'était tout ce que ce cas demandait.