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odersa.orgProgramme SantéEn situation réelle : 15 ou 112.

Niveau 3 · Situations complexes

La noyade

Le réflexe est d'y aller. Ce cas apprend le geste le plus difficile du secourisme : rester sur la berge.

La version jouée demande JavaScript. Le déroulé complet de la situation, ses trois choix par scène, les verdicts et les sources sont écrits juste en dessous : la leçon est entière sans jouer.

Fiche à imprimer

Noyade : rester sur la berge est un geste

Sept règles, tirées des consignes publiques du Service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne, de la Croix-Rouge française et des recommandations de la sécurité civile.

  1. 1

    Ne pas intervenir directement

    Sauf si le témoin se sent capable de lui venir en aide sans risquer sa propre vie. Secourir une personne tombée à l'eau demande une très bonne condition physique et d'excellentes compétences de nageur : il faut pouvoir la porter dans l'eau.

    La baignade et la noyade · Service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne (SDIS 77) · www.sdis77.fr
  2. 2

    C'est comme cela qu'on devient la deuxième victime

    Il est fréquent que les personnes ayant voulu porter secours se retrouvent elles-mêmes victimes d'une noyade. La noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans.

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  3. 3

    Alerter tout de suite

    En zone surveillée, prévenir immédiatement les surveillants de baignade. En zone non surveillée, appeler les secours en composant le 18 ou le 112.

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  4. 4

    Ne pas la quitter des yeux

    Pour pouvoir guider les secours et indiquer au mieux sa position et son évolution. Un point perdu sur une eau noire ne se retrouve pas.

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  5. 5

    Ce qu'on peut faire depuis le bord

    Tout ce qui n'expose pas le sauveteur : tendre ou lancer un objet flottant, une bouée, une perche. Et lui crier de ne pas lutter contre le courant, de se laisser porter, de faire la planche si elle fatigue, et de garder son calme.

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  6. 6

    Hors de l'eau : la respiration d'abord

    Si elle ne respire plus : cinq insufflations au bouche-à-bouche, puis des séries de 30 compressions et 2 insufflations. L'arrêt du noyé vient du manque d'oxygène. Sans formation au bouche-à-bouche, faire les compressions seules en attendant les secours.

    Que faire en cas de noyade ? · Croix-Rouge française · www.croix-rouge.fr
  7. 7

    Puis sécher, couvrir, tourner

    Enlever ses vêtements mouillés et la couvrir. Si elle est inconsciente, c'est-à-dire qu'elle respire mais ne parle pas, ne bouge pas et n'ouvre pas les yeux, la placer ensuite en position latérale de sécurité. Appeler le 18 ou le 112 si ce n'est pas déjà fait.

    La baignade et la noyade · Service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne (SDIS 77) · www.sdis77.fr

Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.

Les numéros de ce site sont ceux de la France. Le 112 est le numéro d'urgence dans toute l'Union européenne. Hors de France, connaissez le numéro d'urgence de votre pays.

Sources vérifiées le 23 août 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/la-noyade · contenus sous licence CC BY 4.0.

Le déroulé écrit, scène par scène

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l'imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.

Scène 1 · Ouverture

22 h 20, base de loisirs fermée depuis six heures. Un panneau barré de rouge dit que la baignade n'est pas surveillée.

Tu passais sur le chemin. Loin du bord, à une trentaine de mètres, quelque chose remue.

Un bras se lève, puis retombe. Personne d'autre autour.

Scène 2 · Le réflexe

Elle est loin. Tu nages correctement, tu as fait de la piscine, il fait sombre et l'eau doit être à seize degrés.

Tout ton corps te dit d'y aller.

Trente mètres d'eau noire. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je n'entre pas dans l'eau. J'appelle le 18 et je ne la quitte pas des yeux.
    C'est le geste le plus difficile, et c'est le bon : Les consignes sont explicites en zone non surveillée : appeler les secours en composant le 18 ou le 112, ne pas quitter la victime des yeux pour pouvoir guider les secours et indiquer sa position, et ne pas intervenir directement sauf si l'on se sent capable de lui venir en aide sans risquer sa propre vie. Trente mètres de nuit et seize degrés ne remplissent pas cette condition.
  • Erreur : Je plonge, trente mètres c'est rien, j'y suis en trente secondes.
    C'est comme cela qu'il y a deux corps au lieu d'un : Les sapeurs-pompiers l'écrivent noir sur blanc : il est fréquent que les personnes ayant voulu porter secours se retrouvent elles-mêmes victimes d'une noyade. Secourir quelqu'un dans l'eau demande une très bonne condition physique et d'excellentes compétences de nageur, parce qu'il faut pouvoir PORTER la victime dans l'eau.
  • Pas le meilleur choix : Je vide mes poches sur le muret avant tout : clés, portefeuille, téléphone.
    Tu viens de poser le seul objet utile de la soirée : Sur ces trois objets, un seul sert à quelque chose, et tu l'as mis par terre. Reprends-le.

Scène 3 · La bouée

Le 18 est prévenu, tu as donné le nom de la base et le chemin d'accès. Ils annoncent six minutes.

Au bout du ponton, il y a une bouée sur son support. Elle est à quatre mètres de toi, et l'eau est à zéro.

Six minutes à tenir. Tu fais quoi de ces quatre mètres ?

  • Geste juste : Je vais chercher la bouée et je la lui lance, sans mettre un pied dans l'eau.
    Aider, sans se mettre en danger : La condition posée par les consignes est celle-là et pas une autre : ne pas intervenir directement sauf si l'on se sent capable de lui venir en aide sans risquer sa propre vie. Lancer une bouée depuis le ponton la respecte entièrement ; nager vers elle ne la respecte pas. Et tu peux continuer de la voir en même temps.
  • Erreur : J'entre jusqu'à la taille et je lui tends la main : de là je ne risque rien.
    Le fond d'un plan d'eau descend sans prévenir : Ce n'est pas un bassin : les berges d'un plan d'eau sont irrégulières, la vase est glissante, et il fait nuit. Les consignes ne parlent pas de la profondeur mais du risque : ne pas intervenir directement sauf si l'on se sent capable d'aider sans risquer sa propre vie. Depuis la berge, tu remplis la condition ; à mi-corps, tu ne la remplis plus.
  • Erreur : J'attends sans rien faire, on m'a dit de ne pas entrer dans l'eau.
    Ne pas entrer n'est pas ne rien faire : Les consignes demandent aussi de ne pas quitter la victime des yeux pour pouvoir guider les secours et indiquer au mieux sa position et son évolution. Et la condition « sans risquer sa propre vie » autorise tout ce qui se fait depuis le bord. La bouée est à quatre mètres de toi, sur un support prévu pour ça.

Scène 4 · Elle tient

Elle a attrapé la bouée au troisième essai. Elle ne remonte pas vers le bord, elle flotte et elle tousse.

Tu la vois, tu l'entends, et il reste quatre minutes.

Tu lui cries quoi ?

  • Geste juste : De ne pas lutter, de se laisser porter, et de garder la bouée.
    Ne pas lutter, ne pas s'épuiser : Les consignes destinées à celle qui est dans l'eau sont précisément celles-là : ne pas essayer de lutter contre le courant pour ne pas s'épuiser, se laisser porter, faire la planche en cas de fatigue parce que cela permet de mieux respirer, et essayer de garder son calme jusqu'à l'arrivée des secours.
  • Erreur : De nager vers moi, elle a une bouée maintenant.
    Elle se bat contre l'eau et elle s'épuise : La consigne officielle est l'inverse : ne pas essayer de lutter contre le courant pour ne pas s'épuiser, se laisser porter, et faire la planche en cas de fatigue. Quelqu'un qui vient de boire la tasse n'a plus la force de trente mètres, et une bouée sert à flotter, pas à avancer.
  • Erreur : Je cours au camping à trois cents mètres chercher du monde.
    Quand tu reviens, tu ne sais plus où elle était : Ne pas quitter la victime des yeux pour pouvoir guider les secours et indiquer au mieux sa position et son évolution. Sur trente mètres d'eau noire, un point de repère perdu ne se retrouve pas, et les secours arrivent en cherchant.

Scène 5 · Hors de l'eau

Deux pompiers en combinaison l'ont ramenée en moins d'une minute. Ils l'ont posée sur la berge, à côté de toi, et sont repartis chercher son sac dans l'eau.

Elle ne répond pas. Sa poitrine ne se soulève pas.

Elle est là, devant toi, et elle ne respire pas.

  • Geste juste : Je lui bascule la tête en arrière et je commence par cinq insufflations, puis j'enchaîne les compressions.
    De l'air d'abord : elle s'est arrêtée par manque d'oxygène : L'arrêt cardiaque du noyé est un arrêt par hypoxie, et le référentiel national l'écrit : réaliser immédiatement cinq insufflations initiales avant de débuter les compressions thoraciques. La Croix-Rouge enseigne la même ouverture, cinq insufflations au bouche-à-bouche, puis les séries de compressions et d'insufflations.
  • Geste valable, il y a mieux : Je commence le massage cardiaque tout de suite, au milieu de la poitrine.
    Masser est un bon geste, et il est prescrit : Le référentiel l'écrit : à défaut, commencer par les compressions thoraciques jusqu'à être en mesure de réaliser les insufflations. Et la Croix-Rouge le prescrit au témoin qui n'a pas été formé au bouche-à-bouche : sans formation, les compressions seules valent infiniment mieux que rien. La noyade a pourtant une particularité, et c'est elle que ce cas te fait répéter : c'est l'eau qui a causé l'asphyxie, son cœur s'est arrêté par manque d'oxygène, donc l'air passe devant. Si tu t'en sens capable, cinq insufflations initiales d'abord, puis les compressions.
  • Erreur : Je la mets tête en bas pour faire sortir l'eau de ses poumons.
    Rien ne sort, et elle attend toujours de l'air : Le référentiel écarte ces manœuvres : la quantité d'eau inhalée est en général faible, et les techniques de désobstruction sont dangereuses chez le noyé, elles retardent la réanimation. Le temps passé à la retourner est du temps sans air : cinq insufflations, puis les compressions.

Scène 6 · Elle respire

Cinq insufflations, puis les compressions. Au bout d'une trentaine, elle tousse, longuement, et sa poitrine se remet à monter.

Elle ne parle pas, elle n'ouvre pas les yeux, elle est trempée et il fait quatorze degrés.

Elle respire et elle ne répond pas. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je retire ses vêtements mouillés, je la couvre, et je la mets sur le côté.
    Dans cet ordre, et jusqu'aux secours : Les consignes enchaînent exactement ainsi : enlever ses vêtements mouillés et la couvrir, puis, si elle est inconsciente, c'est-à-dire qu'elle respire mais ne parle pas, ne bouge pas et n'ouvre pas les yeux, placer ensuite la victime en position latérale de sécurité.
  • Erreur : Je la laisse en vêtements mouillés, elle va se réchauffer toute seule.
    Un vêtement trempé refroidit plus vite que l'air : Les consignes le demandent explicitement : enlever ses vêtements mouillés et la couvrir. Ce n'est pas du confort, c'est la suite du sauvetage : une personne sortie de l'eau continue de perdre de la chaleur tant qu'elle reste habillée mouillé.
  • Erreur : Je la laisse sur le dos et je remonte chercher une couverture à la voiture.
    Elle est restée sur le dos, seule, après avoir vomi de l'eau : Une personne inconsciente qui respire se met sur le côté, et cela passe avant la couverture. Elle vient de recracher de l'eau : sur le dos et sans personne, elle est exposée à ses propres rejets. La couverture peut attendre trente secondes, la position non.

Scène 7 · Les secours

Le bleu arrive par le chemin de terre et se reflète sur l'eau. Ils l'emballent dans une couverture argentée et l'emmènent.

Un pompier te demande où elle était exactement quand tu l'as vue. Tu montres le point, parce que tu ne l'as pas quitté des yeux.

Tu n'as jamais mis un pied dans l'eau. C'est pour cela que vous êtes deux à rentrer ce soir.