Niveau 2 · Sang-froid
L'hypoglycémie
Le sucre est le bon geste, et c'est aussi le pire. Tout tient à une seule question : est-ce qu'elle peut encore avaler ?
Fiche à imprimer
Malaise et hypoglycémie : le sucre a une condition
Sept règles, tirées du référentiel PSC1 2024 du ministère de l'Intérieur, des Recommandations premiers secours de la sécurité civile et des consignes publiques des sapeurs-pompiers.
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Les signes qui doivent alerter
Une personne consciente qui ne se sent pas bien et présente des signes inhabituels : sueurs abondantes, pâleur intense, tremblements, sensation de froid, difficulté à parler. Le malaise peut à tout moment entraîner une détresse vitale.
Référentiel national de compétences de sécurité civile, Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1), édition 2024, fiche « Malaise » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · mobile.interieur.gouv.fr - 2
Au repos, dans la position qu'elle choisit
Allongée confortablement, assise en cas de difficultés à respirer, ou sinon dans la position où elle se sent le mieux. Desserrer les vêtements en cas de gêne, et la rassurer en lui parlant régulièrement.
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Se renseigner, pour transmettre
La durée du malaise, les malaises identiques survenus par le passé, l'état de santé actuel. Ces réponses sont ce que le régulateur attend de toi.
Le malaise · Service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne (SDIS 77) · www.sdis77.fr - 4
Du sucre, à sa demande, si elle est consciente
À sa demande ou à la demande des secours alertés, lui donner du sucre en morceaux. La sécurité civile ajoute la condition qui compte : aider la victime à faire remonter le taux de sucre dans son sang, si elle est consciente.
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Jamais rien dans la bouche d'une personne inconsciente
Dès qu'elle a perdu connaissance, la mission change : préserver sa respiration tout en maintenant la liberté de ses voies aériennes. Une personne inconsciente n'avale pas. Ni sucre, ni eau sucrée, ni rien.
Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Malaise hypoglycémique chez le diabétique » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr - 6
Un avis médical dans tous les cas
Demander un avis médical au 15, transmettre les informations recueillies, puis appliquer les consignes. Le médecin régulateur demande souvent à parler directement à la personne.
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Si elle perd connaissance et respire
Position latérale de sécurité, surveillance permanente de la respiration, protection contre le chaud et le froid. En cas d'aggravation, rappeler les secours pour la signaler. Appeler le 15 ou le 112.
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Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.
Sources vérifiées le 28 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-hypoglycemie.html · contenus sous licence CC BY 4.0.
Le déroulé écrit, scène par scène
Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.
Scène 1 · Ouverture
21 h 30, plateau presque vide. Elle est encore à son poste, la lumière de l'écran sur le visage.
Elle tremble, sa chemise est trempée, et quand tu lui parles elle répond à côté.
Scène 2 · Le malaise
Sueurs, pâleur, tremblements. Elle est consciente et elle te suit des yeux, mais elle cherche ses mots.
Tu ne sais pas ce qu'elle a, et ce n'est pas ton travail de le savoir.
Tu commences par quoi ?
- Geste juste : Je la laisse au repos dans la position où elle se sent le mieux, je desserre son col, et je lui demande depuis quand et si ça lui est déjà arrivé.
Au repos, puis on se renseigne : Le référentiel demande de mettre la victime au repos dans la position où elle se sent le mieux, de desserrer les vêtements en cas de gêne, de la rassurer en lui parlant régulièrement, puis de se renseigner auprès d'elle ou de son entourage sur la durée du malaise et sur des malaises identiques passés. Ce sont ces réponses que tu transmettras. - Piège : Je la fais lever et marcher jusqu'à la fenêtre, un peu d'air va la remettre.
Elle glisse de sa chaise dans le couloir : La première chose que demande le référentiel est de mettre la victime au repos, allongée confortablement, assise si elle a du mal à respirer, ou sinon dans la position où elle se sent le mieux. Un malaise peut à tout moment entraîner une détresse vitale : debout, la chute s'ajoute au reste. - Vanne : Je descends chercher un café bien serré à la machine du hall.
La machine demande un badge, et ton badge est resté sur le bureau : Deux étages de perdus pour un gobelet. Ce qu'elle attend est à trois mètres de sa chaise, et ce n'est pas du café.
Scène 3 · Le sucre
Elle te dit deux choses : que ça lui est déjà arrivé, et qu'elle voudrait du sucre.
Il y en a sur le plateau d'à côté, à trois mètres. Elle est assise, elle parle, elle tient sa tête.
Elle est consciente et elle demande du sucre. Tu fais quoi ?
- Geste juste : Je lui apporte les morceaux de sucre et je la laisse les prendre elle-même.
À sa demande, et de sa main : Le référentiel est précis sur les deux conditions : à sa demande ou à la demande des secours alertés, lui donner du sucre en morceaux. Et la sécurité civile ajoute la seconde condition : aider la victime à faire remonter le taux de sucre dans son sang, si elle est consciente. Consciente, capable d'avaler, et c'est elle qui demande. - Piège : Je ne lui donne rien : je ne sais pas ce qu'elle a, j'attends les secours.
Là, tu avais le droit, et même la consigne : La sécurité civile écrit que l'action du sauveteur doit permettre d'aider la victime à faire remonter le taux de sucre dans son sang, si elle est consciente. Elle est consciente et elle le demande : c'est exactement le cas prévu. La prudence utile porte sur l'inconscience, pas sur celle qui te tend la main. - Piège : Je fouille son sac pour trouver son traitement habituel et je le lui donne.
Rien ne sort de son sac sans qu'elle le demande : Le référentiel encadre ce geste par une condition qui n'est pas décorative : à sa demande, ou à la demande des secours alertés. Un témoin ne choisit jamais ce qu'une personne prend. Ce qu'il fait, c'est le lui apporter quand elle le réclame, et le signaler au 15.
Scène 4 · L'appel
Le régulateur : « Samu, j'écoute. »
Elle a repris un peu de couleurs. Tu fais quoi du téléphone ?
- Geste juste : Je demande un avis médical et je transmets tout ce qu'elle m'a dit. S'il veut lui parler, je lui passe.
Un avis médical, dans tous les cas : Demander un avis médical et transmettre les informations recueillies, puis appliquer les consignes. Le référentiel précise même que le médecin régulateur demande souvent à parler directement à la victime. Ton rôle est de rapporter ce qu'elle t'a dit, pas de conclure à sa place. - Piège : Je raccroche : elle va mieux, ça ne vaut plus la peine de mobiliser quelqu'un.
L'avis médical n'est pas conditionnel : L'action du sauveteur doit permettre de demander un avis médical, dans tous les cas : c'est écrit sans exception. Une amélioration après du sucre est un renseignement de plus pour le régulateur, pas une raison de le priver de l'appel. - Piège : Je lui pose le téléphone sur la table et je vais m'asseoir : c'est elle qui sait, pas moi.
Elle cherche ses mots depuis dix minutes : C'est le témoin qui recueille les informations et qui les transmet : la durée du malaise, les malaises identiques passés, l'état de santé actuel. Le régulateur peut ensuite lui parler, mais il te parle d'abord. Poser le téléphone et s'éloigner supprime la seule personne capable de décrire ce qui s'est passé.
Scène 5 · Elle s'éteint
Le régulateur était encore en ligne quand sa tête est partie en arrière.
Elle ne répond plus, ni à ta voix ni à ta main. Sa poitrine se soulève toujours.
Il reste des morceaux de sucre dans ta main. Tu en fais quoi ?
- Geste juste : Rien. Plus rien dans sa bouche. Je la tourne sur le côté et je le dis au régulateur.
Inconsciente : la respiration passe avant tout le reste : La sécurité civile pose les deux branches côte à côte : préserver la respiration tout en maintenant la liberté des voies aériennes si la victime a perdu connaissance, et aider à faire remonter le taux de sucre si elle est consciente. Elle vient de basculer d'une branche à l'autre : le sucre n'est plus un geste, c'est un corps étranger. - Piège : Je lui glisse le sucre entre les dents : c'est justement ce qui lui manque.
C'est le piège de tout le cas, et il vient de se refermer : Une personne inconsciente n'avale pas. Ce que tu poses dans sa bouche reste dans sa bouche, puis descend là où passe l'air. Le référentiel ne donne du sucre que si la victime est consciente ; dès qu'elle a perdu connaissance, la seule mission est de préserver sa respiration et la liberté de ses voies aériennes. - Piège : Je le dissous dans un verre d'eau, un liquide passera mieux qu'un morceau.
Un liquide passe encore plus vite dans les poumons : Le problème n'est pas la forme de ce qu'on donne, c'est qu'une personne inconsciente ne déglutit pas. Sucre, eau sucrée, tout va au même endroit. La consigne ne se contourne pas : on ne fait rien avaler à quelqu'un qui ne répond pas, on protège sa respiration.
Scène 6 · L'attente
Elle est sur le côté, elle respire, le régulateur a dit que l'équipe montait.
Il te reste quatre minutes à ne rien faire, et c'est la partie la plus difficile.
Tu fais quoi de ces quatre minutes ?
- Geste juste : Je surveille sa respiration, je la couvre, et je ne la quitte pas des yeux.
Surveiller, protéger, attendre : Le référentiel demande de protéger la victime contre la chaleur, le froid ou les intempéries, et de surveiller en permanence. En cas d'aggravation, on rappelle les secours pour la signaler. Rester est un geste, même quand il ne ressemble à rien. - Piège : Je la secoue toutes les trente secondes pour voir si elle revient.
Tu ne fais que la déplacer : Ce qu'on surveille chez une personne inconsciente qui respire, c'est sa respiration, et c'est tout. La secouer ne la ramène pas et risque de défaire la position qui protège ses voies aériennes. S'il y a une aggravation, on rappelle les secours pour la signaler. - Piège : Je la remets dans son fauteuil, elle sera mieux assise qu'au sol.
Assise, elle ne tient pas sa tête : Une personne inconsciente qui respire reste sur le côté : c'est cette position qui garde ses voies aériennes libres. La position de confort choisie par la victime concerne celle qui est consciente. Depuis qu'elle ne répond plus, ce n'est plus la même consigne.
Scène 7 · Les secours
Deux personnes sortent de l'ascenseur avec un sac et une sacoche. Tu leur donnes ce que tu as : l'heure, les sueurs, le sucre qu'elle a pris, le moment où elle a lâché.
Ils la prennent en charge au sol, sans la relever. Tu ranges les trois morceaux de sucre restés sur le plateau.
Tu as donné du sucre à quelqu'un qui le demandait, et tu ne lui en as pas donné quand elle ne pouvait plus. Ce sont deux gestes différents, et tu as fait les deux.