Niveau 2 · Sang-froid
L'étouffement du nourrisson
Ce n'est pas un adulte en plus petit. Le geste change, la position change, et le seul bruit que tu attends, c'est qu'il crie.
Fiche à imprimer
Nourrisson qui s'étouffe : cinq claques, cinq compressions
Sept règles, tirées du référentiel PSC1 2024 du ministère de l'Intérieur, des consignes publiques de l'Assurance Maladie et de celles des sapeurs-pompiers.
- 1
Ce qui dit que c'est grave
Absence de toux, mouvements respiratoires non visibles, pâleur ou lèvres bleues, perte de tonus ou agitation. Un nourrisson qui tousse ou qui crie fait passer de l'air : on ne le frappe pas.
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Faire alerter, sans le quitter
Appeler le 15 ou le 112, ou faire appeler par quelqu'un d'autre, et commencer les gestes immédiatement. Depuis un fixe ou un mobile, même bloqué ou sans crédit : l'appel est gratuit.
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Rien dans la bouche, jamais par les pieds
Ne pas introduire les doigts dans sa bouche, ne pas taper dans son dos hors de la position décrite, et ne surtout pas le suspendre par les pieds.
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La position, avant le geste
S'asseoir. Maintenir sa tête avec les doigts de part et d'autre de la bouche, sans appuyer sur la gorge. Le coucher à califourchon sur l'avant-bras, face vers le sol, et l'incliner pour que sa tête soit plus basse que son thorax.
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De une à cinq claques, entre les omoplates
Avec le talon de la main ouverte, entre les deux omoplates, de façon vigoureuse. On arrête dès que la désobstruction est obtenue.
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Puis des compressions THORACIQUES
Le retourner face au ciel sur l'avant-bras posé sur la cuisse, tête plus basse que le corps, et poser la pulpe de deux doigts dans l'axe du sternum, au milieu de la poitrine. De une à cinq compressions profondes, en relâchant entre chacune. Jamais l'abdomen : la compression abdominale est réservée à l'adulte et à l'enfant.
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Répéter, et savoir quand s'arrêter
Répéter le cycle claques puis compressions. Interrompre dès l'apparition d'une toux, de cris ou de pleurs, dès la reprise de la respiration, ou dès le rejet du corps étranger. Ensuite, le maintenir assis, et l'emmener à l'hôpital dans tous les cas.
L'étouffement · Service départemental d'incendie et de secours de Seine-et-Marne (SDIS 77) · www.sdis77.fr
Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.
Sources vérifiées le 28 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-etouffement-du-nourrisson.html · contenus sous licence CC BY 4.0.
Le déroulé écrit, scène par scène
Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.
Scène 1 · Ouverture
20 h 50. La veilleuse est allumée, la porte est entrebâillée, tu ranges le linge dans le couloir.
Il jouait tout seul dans son lit. Là, il ne fait plus aucun bruit, et un capuchon de stylo traîne sur le tapis.
Scène 2 · Le constat
Il a les yeux ouverts et il ne pleure pas. Sa poitrine ne se soulève pas.
Il ne tousse pas non plus, et c'est exactement ce qui te dit à quel point c'est grave.
Tu fais quoi de la première seconde ?
- Geste juste : Je crie qu'on appelle le 15, et je commence tout de suite sans le quitter.
Pas de toux, pas de cri, pas de respiration : c'est une obstruction grave : Absence de toux, mouvements respiratoires non visibles, perte de tonus : l'Assurance Maladie demande d'appeler le 15 ou le 112 et de pratiquer immédiatement les gestes. Tu fais alerter, tu ne pars pas alerter : ta place est ici. - Piège : Je passe un doigt dans sa bouche pour attraper ce qu'il a avalé.
Tu viens de l'enfoncer : L'Assurance Maladie l'écrit noir sur blanc : ne pas introduire les doigts dans sa bouche. Un doigt qui cherche à l'aveugle pousse le corps étranger plus loin et bouche davantage. Ce qui le fait sortir, c'est la pression de l'air, pas ta main. - Vanne : Je vais réveiller les voisins du dessus, ils ont trois enfants.
Ils dorment très bien, et l'escalier est long : Trois enfants ne font pas un secouriste. Tu es la seule personne dans la pièce, et c'est déjà la bonne.
Scène 3 · La position
Tout est dans la position. Le référentiel la décrit geste par geste, et elle se prend en trois secondes.
Tu l'installes comment ?
- Geste juste : Je m'assois, je le couche à califourchon sur mon avant-bras, face vers le sol, ma main sous sa tête, tête plus basse que le thorax.
Tête plus basse que le thorax, main sous la mâchoire : Le référentiel demande de maintenir sa tête avec les doigts de part et d'autre de la bouche, sans appuyer sur la gorge, de le coucher à califourchon sur l'avant-bras face vers le sol, et de l'incliner pour que la tête soit plus basse que le thorax. Puis de une à cinq claques entre les deux omoplates, avec le talon de la main ouverte, de façon vigoureuse. - Piège : Je passe mes bras autour de lui et je fais la manœuvre du poing sous les côtes, comme pour un adulte.
Les compressions abdominales ne sont pas pour lui : Le référentiel réserve la compression abdominale à un adulte ou à un enfant. Chez le nourrisson, c'est la désobstruction par compressions thoraciques qui prend le relais des claques. Son abdomen n'a rien à comprimer, et il abrite des organes qu'on abîme sans effort. - Piège : Je le soulève par les pieds, tête en bas, et je le secoue.
Surtout pas par les pieds : C'est écrit tel quel dans les consignes publiques : ne le suspendez surtout pas par les pieds. Sa nuque ne tient pas sa tête, rien ne sort, et tu ajoutes une lésion à un étouffement. La bonne position existe, elle est simple, et elle tient sur ton avant-bras.
Scène 4 · Les compressions
Cinq claques. Rien n'est sorti, et il ne respire toujours pas.
Le référentiel enchaîne immédiatement, sans pause et sans réfléchir.
Cinq claques sans effet. Et maintenant ?
- Geste juste : Je le retourne face vers le ciel sur mon avant-bras, tête toujours plus basse, et je comprime le milieu de sa poitrine avec deux doigts, cinq fois.
Deux doigts, au milieu de la poitrine : Placer l'avant-bras contre son dos, la main soutenant sa tête, le tourner face au ciel, poser l'avant-bras sur la cuisse, garder la tête plus basse que le corps, puis la pulpe de deux doigts dans l'axe du sternum : de une à cinq compressions profondes, en relâchant entre chacune. - Piège : J'appuie sur son ventre, sous les côtes : c'est de là que l'air remonte le mieux.
Chez lui, c'est thoracique, jamais abdominal : Les sapeurs-pompiers résument la règle en une ligne : compressions au niveau abdominal pour un adulte ou un enfant, au niveau thoracique pour un nourrisson. Ce n'est pas une nuance de confort, c'est la différence entre un geste utile et une lésion de plus. - Piège : Je le repose à plat sur le matelas et je tape dans son dos, j'aurai plus de force.
À plat, rien ne descend : Toute la technique repose sur l'inclinaison : sa tête doit être plus basse que son thorax, et sa mâchoire doit être tenue. Posé à plat sur un matelas, il n'a plus la pente qui fait sortir l'objet, plus le soutien de sa tête, et le matelas avale tes claques.
Scène 5 · Le cycle
Cinq claques, cinq compressions. Toujours rien.
Personne ne t'a dit combien de fois il faudrait recommencer, et c'est la vraie question du cas.
Tu en es à un cycle et demi. Tu fais quoi ?
- Geste juste : Je recommence le cycle, claques puis compressions, et je n'arrête que s'il tousse, s'il crie ou si les secours arrivent.
On répète le cycle, et l'arrêt a trois signaux : Répéter le cycle claques dans le dos puis compressions, et interrompre les manœuvres dès l'apparition d'une toux, de cris ou de pleurs, dès la reprise de la respiration, ou dès le rejet du corps étranger. Poursuivre l'alternance jusque là, ou jusqu'à l'arrivée des secours. - Piège : J'arrête : j'ai fait ce qui était écrit, j'attends les secours.
Deux séries ne sont pas une limite : Les consignes publiques disent de poursuivre l'alternance des claques et des compressions jusqu'à la désobstruction ou jusqu'à l'arrivée des secours. Rien ne s'arrête au bout d'un nombre de séries : ce qui arrête le geste, c'est l'air qui repasse. - Piège : Quelque chose est sorti : je fais annuler l'appel et je le recouche.
Personne ne sait ce qui reste dedans : Dans tous les cas, l'hospitalisation est indispensable, soit pour extraire le corps étranger, soit pour s'assurer qu'il a été totalement expulsé. Ce qui est ressorti n'est pas forcément tout ce qui était entré, et un morceau descendu dans une bronche ne se voit pas de l'extérieur.
Scène 6 · Il crie
Un capuchon de stylo a rebondi sur le parquet, et il hurle.
C'est le meilleur bruit que cette chambre ait jamais produit.
Il respire. Tu fais quoi de ces trois minutes ?
- Geste juste : J'arrête tout, je le garde assis contre moi, je le rassure, et je reste en ligne avec le 15.
Assis contre toi, et plus un geste : Une fois l'air revenu, le nourrisson se maintient assis et on ne pratique plus aucune manœuvre. On l'installe dans la position où il est le mieux, on le réconforte en lui parlant, on desserre ses vêtements et on applique les consignes des secours. - Piège : Sa respiration est encore bruyante : je lui donne une dernière claque pour finir le travail.
Une claque de trop peut tout défaire : Dès qu'il tousse, crie ou respire, les manœuvres s'interrompent. Les consignes publiques précisent de ne faire aucun geste tant que la respiration n'est pas redevenue normale, parce que toute manœuvre risque de déplacer le corps étranger et de reboucher davantage. Une respiration bruyante veut dire que l'air passe. - Piège : Je le recouche à plat dans son lit, il va se rendormir.
Il reste assis jusqu'à l'hôpital : Les consignes publiques sont explicites : le nourrisson doit être maintenu assis, y compris pendant le transport. Couché à plat, ce qui reste dans ses voies aériennes redescend, et personne n'est là pour le voir arriver.
Scène 7 · Les secours
Du bleu dans la cour, des pas dans l'escalier. Tu ouvres d'une main, l'autre le tient assis contre ton épaule.
Ils prennent sa tension, ils regardent sa gorge, ils l'emmènent quand même. C'est normal, et c'est écrit.
Tu as fait cinq claques et cinq appuis avec deux doigts. C'était tout ce qu'il y avait à faire, et tu l'as fait.