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odersa.orgProgramme SantéEn situation réelle : 15 ou 112.

Niveau 2 · Sang-froid

L'AVC en 60 secondes

Trois questions, moins d'une minute, et une heure à retenir. Ce cas se joue montre en main, parce que c'est exactement comme cela qu'il se joue en vrai.

La version jouée demande JavaScript. Le déroulé complet de la situation, ses trois choix par scène, les verdicts et les sources sont écrits juste en dessous : la leçon est entière sans jouer.

Fiche à imprimer

AVC : reconnaître en moins d'une minute

Sept règles, tirées des consignes publiques de l'Assurance Maladie, du référentiel PSC1 2024 du ministère de l'Intérieur et des Recommandations premiers secours de la sécurité civile.

  1. 1

    Trois signes, systématiquement

    Le visage, les bras, la parole. Demander de sourire, de lever et d'étendre les deux bras, de répéter une phrase. Ces trois signes doivent être systématiquement recherchés, et ils se cherchent en moins d'une minute.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  2. 2

    Tout ce qui arrive d'un coup

    Faiblesse ou paralysie d'un bras, déformation de la face, perte de la vision d'un œil ou des deux, difficulté de langage ou de compréhension, mal de tête sévère et inhabituel, perte d'équilibre ou chute inexpliquée. Isolés ou associés, même de très courte durée, ces signes imposent une alerte immédiate.

    Référentiel national de compétences de sécurité civile, Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1), édition 2024 · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · mobile.interieur.gouv.fr
  3. 3

    Un seul signe suffit pour appeler

    En présence de l'un ou l'autre de ces signes, appeler le 15 ou le 112. Il n'y a pas de seuil, pas de deuxième avis à prendre. Un accident vasculaire cérébral se prend en charge en moins de trois heures après l'apparition des premiers symptômes.

    AVC : que faire ? · Assurance Maladie (ameli.fr) · www.ameli.fr
  4. 4

    L'heure des premiers signes

    Noter l'heure de survenue des premiers signes : ce détail est important pour la suite de la prise en charge. C'est le seul renseignement que le témoin possède et que personne ne pourra retrouver à sa place.

    AVC : que faire ? · Assurance Maladie (ameli.fr) · www.ameli.fr
  5. 5

    Ni à boire, ni à manger, aucun médicament

    Ne pas faire boire, ne pas faire manger : rien dans la bouche, pas même un verre d'eau. Ne lui donner aucun médicament, oral ou en injection, même s'il s'agit d'un traitement habituel. L'aider à s'asseoir ou à s'allonger là où elle se trouve : on ne la fait pas marcher.

    AVC : que faire ? · Assurance Maladie (ameli.fr) · www.ameli.fr
  6. 6

    Allongée à plat, sur le côté si elle a des nausées

    Installer la personne en position strictement horizontale, ou en position latérale de sécurité si elle a des nausées et des vomissements. Près des deux tiers des victimes qui présentent un AVC présentent des troubles de la déglutition associés : c'est pour cela que la position change dès qu'il y a des nausées. Et si elle perd connaissance tout en respirant, on applique la conduite à tenir devant une perte de connaissance : la position latérale de sécurité.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  7. 7

    Ce qu'on dit au 15, et dans quel ordre

    Le lieu et l'adresse exacte, l'étage et le code d'accès. Puis les signes observés, l'heure de début et leur évolution. Ne pas raccrocher avant que l'interlocuteur ne le demande.

    AVC : que faire ? · Assurance Maladie (ameli.fr) · www.ameli.fr

Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.

Les numéros de ce site sont ceux de la France. Le 112 est le numéro d'urgence dans toute l'Union européenne. Hors de France, connaissez le numéro d'urgence de votre pays.

Sources vérifiées le 23 août 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-avc-en-60-secondes · contenus sous licence CC BY 4.0.

Le déroulé écrit, scène par scène

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l'imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.

Scène 1 · Ouverture

21 h 40. Le film est commencé depuis dix minutes. Elle s'est assise dans le fauteuil avec sa tasse, comme tous les dimanches.

Elle repose la tasse à côté de la table, pas dessus. Elle recommence, et elle la repose encore à côté.

Scène 2 · Le doute

Tu lui demandes si ça va. Elle répond, et les mots ne sont pas les bons.

Un côté de sa bouche ne bouge pas comme l'autre.

Tu as vingt secondes et un doute. Tu en fais quoi ?

  • Geste juste : Je lui demande de sourire, de lever les deux bras, et de répéter une phrase après moi.
    Le visage, les bras, la parole : Ces trois signes doivent être systématiquement recherchés, et ils portent un nom dans le référentiel. Trois demandes simples, faites à voix haute, et tu sais en moins d'une minute si tu dois appeler.
  • Erreur : Je lui apporte un verre d'eau, ça va la remettre d'aplomb.
    Elle ne peut peut-être plus avaler : Près des deux tiers des victimes qui présentent un AVC présentent des troubles de la déglutition associés : les Recommandations premiers secours de la sécurité civile le disent en toutes lettres. Le verre d'eau part alors dans les poumons, et tu viens d'ajouter un problème à celui qui existait déjà. Rien dans la bouche.
  • Pas le meilleur choix : Je tape « bouche qui tombe » dans mon téléphone pour voir ce que ça peut être.
    Neuf cent mille résultats, tous plus rassurants les uns que les autres : Ton téléphone sait faire une chose utile ce soir, et ce n'est pas de la lecture. Trois questions te donneront la réponse plus vite que le premier résultat.

Scène 3 · Les trois signes

Le sourire part de travers. Un bras monte, l'autre retombe. La phrase ne sort pas entière.

Tu regardes l'heure : 21 h 42. Il y a douze minutes, elle allait bien.

Trois signes sur trois. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Un seul de ces signes suffisait. J'appelle le 15 tout de suite.
    Un signe, un appel : En présence de l'un ou l'autre de ces signes, on appelle le 15 ou le 112. Il n'y a pas de seuil à atteindre, pas de deuxième avis à prendre : le référentiel demande une alerte immédiate, et c'est le régulateur qui tranche.
  • Erreur : J'attends un quart d'heure de voir si ça se dissipe : elle a peut-être mal dormi.
    Le quart d'heure que tu viens de perdre ne se rattrape pas : Les sapeurs-pompiers le résument en une phrase : ce qui compte devant un AVC, c'est le temps de prise en charge. Ces minutes ont déjà commencé à courir avant que tu ne remarques quoi que ce soit. Tout ce que l'attente produit, c'est du retard, et le retard se paie en séquelles.
  • Erreur : J'appelle son médecin traitant, il la connaît mieux que n'importe qui.
    Le cabinet est fermé, et ce n'est même pas la question : L'Assurance Maladie est explicite : le moyen de réduire le délai de prise en charge est d'appeler directement le 15 ou le 112. Le régulateur du 15 est un médecin, il répond la nuit, et c'est lui qui peut envoyer ce qu'il faut là où il faut.

Scène 4 · L'appel

Le régulateur : « Samu, j'écoute. »

Minuteur : 40 secondes.

Il écoute. Qu'est-ce que tu dis en premier ?

  • Geste juste : L'adresse, l'étage, le code de la porte. Puis les trois signes que j'ai vus.
    Le lieu d'abord, les signes ensuite : Indiquer le lieu et l'adresse exacte, l'étage et le code d'accès, puis décrire le plus précisément possible les signes qui ont alerté. Dans cet ordre : une équipe qui sait où aller part déjà pendant que tu continues de parler.
  • Erreur : Je raconte tout depuis le début, dans l'ordre où ça m'est venu.
    « Où êtes-vous exactement ? » : Il t'a coupé pour te le demander, et il aura raison de te couper autant de fois qu'il le faudra. Le lieu se donne en premier parce qu'il déclenche le départ. Le récit, lui, peut se faire pendant que le véhicule roule.
  • Erreur : Je donne l'adresse et je raccroche : je préfère m'occuper d'elle que de parler.
    Il te restait la moitié de l'appel : On ne raccroche pas avant que l'interlocuteur ne le demande. Le régulateur a encore des renseignements à prendre et des consignes à donner sur ce qu'il faut faire en attendant l'équipe. En raccrochant, tu t'es privé de la seule aide disponible.

Scène 5 · L'heure

Le régulateur : « À quelle heure les premiers signes sont-ils apparus ? »

C'est la question du cas. Tu réponds quoi ?

  • Geste juste : 21 h 42. J'ai regardé ma montre. Avant cela, à 21 h 30, elle allait bien.
    C'est le renseignement le plus précieux que tu possèdes : Noter l'heure de survenue des premiers signes : l'Assurance Maladie écrit que ce détail est important pour la suite de la prise en charge. Tu n'es ni médecin ni secouriste, et tu viens quand même d'apporter quelque chose que personne d'autre ne pourra retrouver.
  • Erreur : Aucune idée, et de toute façon ça ne change rien. Venez vite.
    Ça change tout, et il va te le redemander : L'heure de survenue des premiers signes est notée parce qu'elle est importante pour les traitements à venir. Toi qui étais là, tu es la seule personne au monde à pouvoir la donner. Regarde ta montre, refais le film des dix dernières minutes, et donne une heure.
  • Erreur : Je lui dis l'heure, et j'ajoute qu'elle a déjà eu ça il y a six mois et que c'est passé tout seul.
    Un épisode qui passe tout seul est une urgence de plus : Des signes qui disparaissent en quelques minutes portent un nom, et l'Assurance Maladie précise que l'urgence et la nécessité d'une prise en charge adaptée sont identiques, parce que le risque de récidive dans les vingt-quatre heures est élevé. Ce que tu viens de raconter n'est pas rassurant : c'est un antécédent, et il aggrave l'affaire.

Scène 6 · L'attente

Le régulateur a dit qu'une équipe partait et qu'il fallait rester avec elle.

Elle est toujours dans le fauteuil. Elle a l'air d'avoir compris qu'il se passe quelque chose.

Il reste sept minutes avant qu'ils sonnent. Tu fais quoi d'elle ?

  • Geste juste : Je l'aide à s'allonger à plat, je reste à côté, et je ne lui donne rien.
    À plat, et rien dans la bouche : Le référentiel demande d'installer la personne en position strictement horizontale, ou sur le côté si elle a des nausées et des vomissements. Ni à boire ni à manger, et on lui dit que les secours sont en route. Tu n'as rien de plus à faire, et c'est déjà beaucoup.
  • Erreur : Je la mets debout et je l'emmène s'allonger dans son lit, elle y sera mieux.
    Sa jambe ne suit pas, et le couloir est dur : L'Assurance Maladie écrit d'aider la personne à s'asseoir ou à s'allonger, là où elle est ; le référentiel national, lui, demande d'allonger la victime. Les deux disent la même chose sur un point : on ne la fait pas marcher. L'instabilité de la marche fait partie des signes que tu viens justement de repérer : la faire marcher, c'est ajouter une chute à un AVC. Les secours n'ont pas besoin qu'elle soit dans un lit.
  • Pas le meilleur choix : Je range le salon : je ne veux pas que les pompiers voient ça.
    Ils ont vu bien pire, et ils ne sont pas là pour l'intérieur : Le seul rangement utile ce soir, c'est de dégager le couloir et d'ouvrir la porte d'entrée. Le reste attendra demain.

Scène 7 · Les secours

Du bleu sur les murs, deux véhicules en bas, des pas dans l'escalier. Tu as laissé la porte ouverte.

La première question qu'ils te posent est celle que tu attendais : à quelle heure ça a commencé.

Tu réponds 21 h 42. C'est tout ce que tu avais, et c'est exactement ce qu'il fallait.