Niveau 2 · Sang-froid
L'arrêt cardiaque
Personne ne t'a jamais dit à quel point c'est physique. Ici, tu vas le sentir dans ton bras avant de le comprendre dans ta tête.
Fiche à imprimer
Arrêt cardiaque : la reconnaissance et le massage
Huit règles, toutes tirées du référentiel PSC1 2024 du ministère de l'Intérieur et des consignes publiques de la Croix-Rouge française.
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Deux questions, dix secondes
Est-ce qu'elle réagit quand on lui parle et qu'on lui secoue l'épaule ? Est-ce que sa poitrine se soulève ? Deux non, et c'est un arrêt cardiaque. Il n'y a rien d'autre à chercher, et surtout pas un pouls.
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Les hoquets ne sont pas une respiration
Des mouvements respiratoires lents, bruyants, difficiles et inefficaces portent un nom : respiration agonique. Le référentiel demande de les considérer comme un arrêt cardiaque. C'est le signe qui trompe le plus de monde.
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Faire alerter, faire apporter l'appareil
Demander à quelqu'un de prévenir les secours, le 15 ou le 18, et d'apporter immédiatement un défibrillateur automatisé externe. Deux consignes nettes, à une personne désignée. Si tu es seul, tu appelles toi-même, très tôt, en haut-parleur.
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Sur le dos, sur un plan dur
Position horizontale, sur le dos, de préférence sur un plan dur : le sol, une table. Se placer à genoux au plus près, et dénuder la poitrine. Un matelas ou un tapis avale la compression.
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Au milieu de la poitrine, de 5 à 6 cm
Le talon d'une main au milieu de la poitrine nue, sur le sternum, l'autre main par-dessus, doigts entrecroisés et relevés. Comprimer verticalement le sternum en l'enfonçant de 5 à 6 cm, bras tendus, coudes verrouillés. Jamais sur les côtes.
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100 à 120 par minute
Maintenir une fréquence comprise entre 100 et 120 compressions par minute. Un temps de compression égal au temps de relâchement.
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Laisser la poitrine se relever
Après chaque pression, laisser la poitrine reprendre sa position initiale, sans décoller le talon de la main. C'est ce relâchement qui permet au sang de revenir vers le cœur : une compression qui ne relâche pas ne remplit rien.
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Se relayer, ne pas s'arrêter
À plusieurs, relayer la personne qui masse toutes les deux minutes, en interrompant le moins possible. Poursuivre jusqu'à l'arrivée des secours ou jusqu'au retour d'une respiration normale. Les compressions ne s'arrêtent que lorsque le défibrillateur demande de ne plus toucher la victime.
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Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.
Sources vérifiées le 28 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-arret-cardiaque.html · contenus sous licence CC BY 4.0.
Le déroulé écrit, scène par scène
Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.
Scène 1 · Ouverture
21 h 30, gymnase municipal. Le cours de volley est fini depuis dix minutes. Vous êtes trois à ranger les filets, sous les halogènes que personne n'a songé à éteindre.
L'homme au fond s'arrête au milieu du terrain, une main sur le torse. Puis il tombe d'un bloc, sans se retenir.
Scène 2 · Le constat
Il est sur le dos, sur le parquet. Il ne dit rien.
Sa gorge fait un bruit toutes les cinq ou six secondes, comme un hoquet. Sa poitrine, elle, ne se soulève pas.
Qu'est-ce que tu fais en premier ?
- Geste juste : Je m'agenouille, je lui parle fort, je lui secoue l'épaule, et je regarde sa poitrine pendant dix secondes.
Il ne réagit pas et il ne respire pas normalement : C'est tout ce qu'il te fallait établir, et cela se fait en dix secondes. Deux questions, deux réponses : est-ce qu'il réagit, est-ce que sa poitrine se soulève. À partir de là, tout est décidé. - Piège : Ces hoquets, c'est qu'il respire encore : je le tourne sur le côté et j'attends que ça revienne.
Ces hoquets ne sont pas une respiration : Des mouvements lents, bruyants, difficiles et inefficaces : le référentiel les nomme respiration agonique, et il dit de les considérer comme un arrêt cardiaque. C'est le signe le plus trompeur de toute cette situation, et celui qui fait perdre le plus de temps. - Vanne : Je cherche « massage cardiaque » sur mon téléphone, il doit y avoir une vidéo.
Il y en a. Elles durent quatre minutes : Tu en as trois. Range-le, sauf pour appeler : c'est la seule chose que ton téléphone sait faire d'utile ce soir.
Scène 3 · L'alerte
L'autre joueur est resté debout à trois mètres, son téléphone déjà dans la main, et il te regarde.
Au fond de la salle, sur le mur, il y a un boîtier vert.
Tu as un témoin et dix secondes. Tu en fais quoi ?
- Geste juste : Je lui crie deux choses : « Appelle le 15 » et « Va chercher le boîtier vert au mur ». Et je reste, moi.
Deux ordres clairs, à quelqu'un de précis : La Croix-Rouge l'écrit dans cet ordre : demander à quelqu'un de prévenir les secours et d'apporter immédiatement un défibrillateur. Toi, tu ne bouges plus de là. Un témoin qui a une consigne nette vaut deux minutes gagnées. - Piège : J'appelle moi-même, puis je traverse la salle chercher l'appareil : je préfère m'en occuper.
Pendant ce temps, personne ne masse : Tu es la seule personne à genoux près de lui : c'est ta place, et elle ne se quitte pas. Le référentiel donne les deux courses au tiers présent, précisément pour que le massage démarre tout de suite. - Piège : Je commence le massage tout de suite et sans rien dire : l'alerte, on verra après.
Tu masses pour une équipe que personne n'a appelée : Le massage fait gagner du temps, il ne fait pas repartir un cœur à lui seul. Ce qui fait repartir un cœur arrive dans un camion, et avec l'appareil du mur. Une phrase suffisait à lancer les deux.
Scène 4 · L'installation
L'autre est parti en courant, le téléphone contre l'oreille. Tu es seul avec lui.
À deux mètres, il y a une pile de tapis de gym.
Tu l'installes comment ?
- Geste juste : Je le laisse à plat sur le dos, sur le parquet, je me mets à genoux tout près, et je dénude sa poitrine.
Le parquet est exactement ce qu'il faut : Position horizontale, sur le dos, sur un plan dur : le sol fait le travail. À genoux au plus près, poitrine dénudée, et tu es prêt. Rien de plus à préparer. - Piège : Je le tire sur les tapis de gym, il sera mieux qu'à même le sol.
Le tapis s'enfonce à la place de sa poitrine : Un plan mou avale la compression : tu appuies fort et rien n'arrive au cœur. Le référentiel demande un plan dur, le sol ou une table. Le confort n'est pas la question de cette minute. - Piège : Je le mets en position latérale de sécurité en attendant les secours.
La position latérale, c'est pour quelqu'un qui respire : Elle protège les voies aériennes d'une personne inconsciente qui respire normalement. Lui ne respire pas : ce qu'il attend de toi, ce sont des compressions, et sur le dos.
Scène 5 · La place des mains
Tu es à genoux contre lui, sa poitrine est dégagée. Tes mains sont au-dessus, elles hésitent d'un demi-centimètre.
Où poses-tu tes mains ?
- Geste juste : Le talon d'une main au milieu de la poitrine, l'autre main par-dessus, doigts entrecroisés, bras tendus et coudes verrouillés.
Le talon d'une main, au milieu de la poitrine : L'autre main par-dessus, les doigts entrecroisés et relevés pour ne pas appuyer sur les côtes, les bras tendus et les coudes verrouillés. C'est ce montage qui transmet ton poids au sternum au lieu de le perdre dans tes bras. - Piège : Sur le creux de l'estomac, un peu plus bas : c'est là que ça s'enfonce le mieux.
Trop bas : tu appuies sur le ventre : Le repère est le milieu de la poitrine, sur le sternum, un travers de doigt au-dessus de la jonction des dernières côtes. Sous ce repère, la pression ne va plus au cœur. - Piège : À gauche, sur les côtes, là où on entend le cœur battre.
Jamais sur les côtes : Le référentiel le répète deux fois : appuyer verticalement, et ne pas appuyer sur les côtes. Le cœur est au milieu, derrière le sternum, et c'est le sternum qu'on enfonce.
Scène 6 · Tenir la cadence
Tes mains sont en place. Il n'y a plus rien à décider : il y a un rythme à tenir, et il est plus rapide que tu ne crois.
Trente secondes de massage. Vas-y.
Appuie à chaque temps : au doigt, à la souris, ou avec la barre espace. L'aiguille doit rester dans la zone claire, entre 100 et 120 par minute. Le guide sonore est là si tu le veux, et il n'est pas obligatoire.
Épreuve de cadence : tenir entre 100 et 120 compressions par minute pendant 30 secondes, par séries de 30.
Épreuve tenue : Tu as tenu, et maintenant tu sais ce que ça coûte : Entre 100 et 120 par minute, un temps de compression égal au temps de relâchement, et la poitrine qui reprend sa forme entre chaque appui. Trente secondes t'ont suffi à comprendre pourquoi on se relaie toutes les deux minutes.
Épreuve manquée : La cadence est sortie de la fenêtre : Trop lent, le sang ne circule plus assez. Trop vite, la poitrine n'a pas le temps de se relever et le cœur ne se remplit pas. La fenêtre est étroite pour cette raison : 100 à 120 par minute, avec un relâchement complet. Reprends, le guide sonore aide.
Scène 7 · Le relais
Deux minutes. Ton épaule brûle, ton dos t'a lâché avant ton bras.
L'autre joueur revient en courant, le boîtier vert dans les mains. Il a le 15 en ligne.
Tu fais quoi ?
- Geste juste : Je ne m'arrête pas, et je lui dis d'allumer l'appareil tout de suite.
L'appareil s'allume pendant que tu masses : Les compressions ne s'interrompent que lorsque l'appareil demande de ne plus toucher la victime. Tout le reste, y compris son installation, se fait autour de tes mains sans les arrêter. - Piège : Je retire mes mains une seconde pour voir s'il respire maintenant.
Chaque pause remet la pression à zéro : On poursuit jusqu'à ce que les secours arrivent ou que la respiration redevienne normale de façon évidente. Vérifier toutes les trente secondes ne fait pas revenir la respiration : cela interrompt la seule chose qui fait circuler du sang. - Piège : On se relaie, mais je lui dis de poser le boîtier de côté : on s'en occupera après.
Un appareil éteint ne sert à rien : Le relais est juste, et le référentiel le demande même toutes les deux minutes. Mais l'appareil se met en marche dès qu'il est disponible, pas quand on aura le temps. C'est lui qui peut retrouver un rythme normal.
Scène 8 · Les secours
Du bleu par la porte du fond, deux sirènes qui s'arrêtent l'une après l'autre. Quatre personnes traversent la salle avec un sac et une planche.
Quelqu'un met une main sur ton épaule et dit « on prend ». Tes mains partent, et tes bras tremblent tout seuls.
Tu n'as rien réparé ce soir. Tu as fait circuler du sang pendant les minutes où personne d'autre ne pouvait le faire.