Niveau 1 · Premiers pas
Le malaise à trancher
Il dit que ça va passer. C'est la phrase la plus dangereuse du jeu, et ce n'est pas à toi de la croire.
Fiche à imprimer
Le malaise : cinq réflexes quand on hésite à appeler
Cinq règles tirées des consignes publiques de la Croix-Rouge française sur la conduite à tenir devant une personne qui se plaint d'une douleur thoracique.
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Ne sous-estime pas
Même si la victime prétend que ce n'est pas grave, elle doit immédiatement être prise en charge. Une douleur qui serre la poitrine peut irradier vers le bras, l'épaule, le cou, la mâchoire inférieure ou l'estomac, et s'accompagner de difficultés respiratoires, de sueurs ou de nausées.
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Au repos, dans SA position
Mets la victime au repos dans une position confortable : allongée, ou si elle le souhaite en position semi-assise ou assise. C'est elle qui sait où elle respire le mieux. Ne la fais pas marcher.
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Pose-lui des questions
Depuis combien de temps dure ce malaise ? Est-ce la première fois ? A-t-elle déjà été hospitalisée pour cela, ou suit-elle un traitement pour cela ? Ces réponses serviront au régulateur.
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C'est le 15 qui juge
Si la victime parle et se sent mal, il est indispensable de lui poser des questions et d'alerter le Samu Centre 15, qui pourra juger du degré d'urgence. Appeler n'engage à rien : le régulateur peut conclure qu'une équipe n'est pas nécessaire. Ne pas appeler, c'est décider à sa place.
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Surveille jusqu'au bout
Vérifie régulièrement que la victime est consciente et respire normalement. Si elle perd connaissance en respirant, mets-la sur le côté. Si elle ne respire plus, rappelle le 15 ou le 112 et commence les compressions thoraciques.
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Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.
Sources vérifiées le 27 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/le-malaise-a-trancher.html · contenus sous licence CC BY 4.0.
Le déroulé écrit, scène par scène
Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.
Scène 1 · Ouverture
Samedi, 18 h 40, chez ton voisin. Vous montez des étagères depuis deux heures.
Il pose la visseuse, s'assoit lourdement dans le fauteuil et reste penché en avant. Il est gris, il transpire alors qu'il fait frais, et il presse le plat de sa main contre sa poitrine.
Scène 2 · Ce qu'il dit
Il dit que ce n'est rien, qu'il a mal digéré, que ça va passer, qu'il ne veut surtout pas qu'on dérange personne.
Il ne se lève pas.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Geste juste : Je le laisse dans la position où il se sent le mieux, je desserre son col, et je ne le laisse pas seul.
Au repos, dans la position qu'il choisit : Mets la victime au repos dans une position confortable : allongée, ou si elle le souhaite en position semi-assise ou assise. C'est elle qui sait dans quelle position elle respire le mieux, pas toi. - Piège : Je l'allonge à plat sur le tapis, c'est mieux pour la circulation.
Tu l'as couché contre son gré, et il respire moins bien : La position est CONFORTABLE, et c'est la victime qui la choisit : allongée, ou semi-assise, ou assise si elle le souhaite. Beaucoup de personnes en détresse respiratoire ne supportent pas d'être à plat. - Piège : Je le fais marcher un peu et respirer par la fenêtre, ça va le remettre d'aplomb.
On ne fait pas marcher quelqu'un qui fait un malaise : Ce que demande le référentiel, c'est le REPOS, dans une position confortable. Faire marcher une personne qui a une douleur serrant la poitrine lui demande exactement l'effort qu'il faut éviter.
Scène 3 · Les questions
Il est assis, calé, un peu moins gris. Il répond quand tu lui parles.
La douleur descend maintenant dans son bras gauche et dans sa mâchoire.
Tu lui demandes quoi ?
- Geste juste : Depuis combien de temps ça dure, si c'est la première fois, s'il a déjà été hospitalisé pour ça, s'il suit un traitement.
Quatre questions, et tu retiens les réponses : Depuis combien de temps dure ce malaise ? Est-ce la première fois ? A-t-il déjà été hospitalisé pour cela, ou suit-il un traitement pour cela ? Ces réponses sont pour le régulateur, dans deux minutes. - Piège : Rien : je le laisse tranquille et j'attends de voir si ça se calme tout seul.
Vingt minutes de perdues, et rien à dire au 15 : Ne sous-estime pas la situation : même si la victime prétend que ce n'est pas grave, elle doit immédiatement être prise en charge. Attendre ne renseigne personne et ne soulage personne. - Vanne : Je lui apporte un sucre et un verre d'eau, ça fait toujours du bien.
Le sucre a bon dos : Il sert dans une situation précise, et ce n'est pas celle-ci. Repose le morceau et reprends tes questions : ce sont elles qui vont voyager au bout du fil.
Scène 4 · Qui tranche
Le régulateur : « Samu, j'écoute. »
Minuteur : 35 secondes.
Il te répète de ne pas appeler. Tu dis quoi ?
- Geste juste : « 5 rue des Tanneurs à Nevers, deuxième étage. Un homme de 58 ans, douleur qui serre la poitrine depuis vingt-cinq minutes, elle descend dans le bras gauche et la mâchoire, il transpire, il est assis, il est conscient. »
C'est le 15 qui juge du degré d'urgence : Si la victime parle et se sent mal, il est indispensable de lui poser des questions et d'alerter le Samu Centre 15, qui pourra juger du degré d'urgence. Ton travail est de décrire, précisément. Le tri appartient au médecin régulateur. - Piège : Je respecte son choix : je raccroche avant même de parler.
Ne sous-estime pas la situation : Même si la victime prétend que ce n'est pas grave, elle doit immédiatement être prise en charge. Appeler ne lui retire rien : le régulateur peut très bien conclure qu'une équipe n'est pas nécessaire. Ne pas appeler, c'est décider à sa place, et sans rien savoir. - Piège : « Bonjour, est-ce que vous pouvez me dire si c'est grave ? Je vous décris et vous me dites si j'appelle. »
Tu es déjà en train d'appeler : Le régulateur a besoin d'une adresse et d'une description, pas d'une permission. Donne le lieu, puis l'état, puis les réponses à tes quatre questions : c'est ainsi qu'il peut juger.
Scène 5 · L'attente
Le régulateur envoie une équipe et te demande de rester avec lui, de ne pas le faire bouger, et de rappeler si quoi que ce soit change.
Tu fais quoi pendant ces minutes ?
- Geste juste : Je reste près de lui et je vérifie régulièrement qu'il est conscient et qu'il respire normalement.
Vérifier régulièrement, c'est la dernière consigne : Vérifie régulièrement que la victime est consciente et respire normalement. S'il perd connaissance et respire, tu le mets sur le côté. S'il ne respire plus, tu rappelles et tu commences les compressions. - Piège : Je descends garer ma voiture pour libérer la place devant l'immeuble.
Il reste seul avec une douleur qui serre : La consigne est de vérifier régulièrement qu'il est conscient et qu'il respire normalement. Une place de stationnement ne vaut pas les trois minutes où personne ne le regarde. - Piège : Je l'allonge à plat maintenant, pour qu'il soit prêt quand ils arriveront.
Il était bien : tu viens de le déranger pour rien : On le laisse au repos dans la position confortable qu'il a choisie. L'équipe l'installera comme elle le voudra, avec ses moyens. Toi, tu surveilles.
Scène 6 · Les secours
Du bleu tourne sur le plafond. Une équipe monte, s'agenouille devant le fauteuil, et lui parle doucement.
On te demande depuis quand, où exactement, si c'est la première fois, s'il suit un traitement. Tu réponds aux quatre, parce que tu avais posé les questions.
Il t'a répété neuf fois de ne pas appeler. Tu as appelé. C'était le geste.