Niveau 2 · Sang-froid
L'intoxication au monoxyde de carbone
Il n'a pas d'odeur, pas de couleur, et il vous a déjà tous les trois. Le seul indice, c'est que vous avez tous mal à la tête en même temps.
Fiche à imprimer
Monoxyde de carbone : aérer, couper, sortir, alerter
Sept règles, tirées des Recommandations premiers secours de la sécurité civile (ministère de l'Intérieur) et des consignes publiques des sapeurs-pompiers.
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Le signe qui doit y faire penser
Dans un endroit fermé, où plusieurs personnes présentent des signes communs de malaises avec des maux de tête et des vomissements, une intoxication au monoxyde de carbone doit être suspectée. Il est inodore, incolore, toxique et explosif : rien ne le signale.
Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiche « Protection contre le monoxyde de carbone » (PR 02 P 01) · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr - 2
Aérer largement
Ouvrir les fenêtres en grand, dans toutes les pièces concernées. C'est la première action, et elle ne coûte rien.
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Couper les appareils
Éteindre les appareils de chauffage et de cuisson. Tant que la source fonctionne, le gaz continue d'arriver.
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Évacuer, et se compter
Évacuer les personnes présentes vers une zone ventilée, de préférence en extérieur, et les rassembler. Se rassembler est ce qui permet de savoir qui manque.
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Alerter les sapeurs-pompiers
Le 18 ou le 112, immédiatement, depuis l'extérieur. Le référentiel les désigne pour une raison précise : ils ont notamment des détecteurs de ce gaz. Nommer le monoxyde change ce qu'ils envoient.
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Dire qui manque, et où
Si une ou plusieurs personnes sont restées à l'intérieur : sortir et prévenir les secours immédiatement, en donnant le nombre de personnes concernées et l'état de chacune.
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Ne pas rentrer
Ne pas revenir dans le bâtiment intoxiqué sans l'accord d'un professionnel. Aucun sens humain ne permet de savoir si le gaz est parti : ceux qui arrivent ont l'appareil qui le mesure.
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Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.
Sources vérifiées le 28 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-intoxication-au-monoxyde-de-carbone.html · contenus sous licence CC BY 4.0.
Le déroulé écrit, scène par scène
Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.
Scène 1 · Ouverture
Dimanche, 8 h 40, moins deux degrés dehors. La chaudière tourne depuis hier soir, la plaque chauffe l'eau du thé, et toutes les fenêtres sont fermées depuis trois jours.
Ta mère se tient la tête depuis le réveil. Toi aussi, depuis une heure. Ton frère est remonté vomir.
Scène 2 · Le doute
Sur le mur du couloir, un boîtier gris que personne ne regarde jamais. Son voyant rouge bat.
Il n'y a rien à sentir. Il n'y a rien à voir. Vous êtes trois avec les mêmes maux de tête, dans une maison fermée.
Trois personnes, les mêmes signes, la même pièce. Tu en déduis quoi ?
- Geste juste : C'est un monoxyde jusqu'à preuve du contraire : j'ouvre les fenêtres en grand tout de suite.
Plusieurs personnes, les mêmes signes, un endroit fermé : Le référentiel de la sécurité civile écrit exactement ce raisonnement : dans un endroit fermé, où plusieurs personnes présentent des signes communs de malaises avec des maux de tête et des vomissements, une intoxication par libération de monoxyde de carbone doit être suspectée. Et la première action est d'aérer largement la ou les pièces. - Piège : On a tous attrapé la même chose : je les renvoie se recoucher et j'attends demain.
Personne ne s'est relevé : C'est précisément le signe qui doit faire suspecter le monoxyde : plusieurs personnes, dans un endroit fermé, avec des maux de tête et des vomissements en commun. Une maladie ne frappe pas trois personnes à la même heure dans la même pièce. Se recoucher, c'est rester dans le gaz en dormant. - Vanne : J'allume une bougie parfumée, ça sent le renfermé ici.
Ça sent la figue, et personne ne se sent mieux : Ce que tu cherches à couvrir n'a aucune odeur. Le geste utile est à trente centimètres de ta main, et c'est une poignée de fenêtre.
Scène 3 · L'évacuation
Les deux fenêtres de la cuisine sont grandes ouvertes, l'air froid tombe sur le sol.
Ta mère s'est assise sur la chaise la plus proche. Ton frère est encore en haut.
Les fenêtres sont ouvertes. Et ensuite ?
- Geste juste : Je coupe la chaudière et la plaque, et je fais sortir tout le monde dehors.
Couper la source, puis sortir tout le monde : Les sapeurs-pompiers donnent la séquence dans cet ordre : aérer la pièce en ouvrant les fenêtres, éteindre les appareils de chauffage et de cuisson, évacuer les personnes présentes vers une zone ventilée, de préférence en extérieur. Le référentiel ajoute de les rassembler : c'est comme cela qu'on sait qui manque. - Piège : Les fenêtres suffisent, on reste au chaud à l'intérieur : il fait moins deux dehors.
Vingt minutes plus tard, elle est par terre : Aérer ne remplace pas évacuer. Les consignes publiques demandent les deux : ouvrir les fenêtres, ET évacuer les personnes présentes dans la pièce vers une zone ventilée, de préférence en extérieur. Tant que la source tourne, le gaz continue d'arriver, et le froid n'a jamais tué personne en trois minutes de trottoir. - Piège : Je descends à la cave voir la chaudière de plus près, c'est sûrement elle.
La cave est l'endroit le plus concentré de la maison : Le référentiel confie cette recherche aux sapeurs-pompiers, qui ont notamment des détecteurs de ce gaz. Un témoin repère la source depuis l'extérieur et la signale ; il ne va pas la renifler dans un local fermé. Tu peux nommer la chaudière au téléphone sans descendre la voir.
Scène 4 · L'appel
Tu es sur le trottoir, en chaussettes, le téléphone dans une main.
Ta mère est assise sur le mur du voisin. Il fait froid, et vous respirez enfin quelque chose de propre.
Tu appelles qui, et depuis où ?
- Geste juste : Le 18, ou le 112, depuis le trottoir. Et je dis que je soupçonne un monoxyde de carbone.
Les pompiers, et le mot « monoxyde » : Le référentiel dit d'alerter immédiatement les sapeurs-pompiers, qui ont notamment des détecteurs de ce gaz, et les consignes publiques donnent les numéros : le 18 ou le 112. Nommer le monoxyde change ce qu'ils envoient et ce qu'ils emportent. Et l'appel se passe dehors, pas dedans. - Piège : J'appelle depuis la cuisine, ça capte mieux près de la fenêtre.
Tu respires ce que tu es en train de décrire : Les consignes publiques demandent d'évacuer les personnes présentes vers une zone ventilée, de préférence en extérieur, avant tout le reste. Le sauveteur en fait partie. Un appel dure plusieurs minutes, et ce sont plusieurs minutes de plus dans la pièce. - Piège : J'appelle le plombier de garde, c'est lui qui a posé la chaudière l'an dernier.
Répondeur, et un tarif de dimanche : Le référentiel désigne les sapeurs-pompiers, et pour une raison précise : ils ont des détecteurs de ce gaz. Un professionnel du chauffage viendra pour la cause, plus tard. Ce matin, la question n'est pas la chaudière, ce sont trois personnes intoxiquées.
Scène 5 · La personne restée
Tu comptes : ta mère, toi. Ton frère n'est jamais descendu.
Le pompier est encore en ligne et te demande si tout le monde est sorti.
Il manque quelqu'un, au premier étage. Tu fais quoi ?
- Geste juste : Je le dis immédiatement au téléphone : il reste une personne, au premier, dans la salle de bains.
Sortir, prévenir, dire où : Les consignes publiques sont explicites quand une personne reste à l'intérieur : sortir de la pièce et prévenir les secours immédiatement. Ce que l'alerte doit contenir, c'est le nombre de personnes concernées et l'état de chacune. Ils arrivent équipés pour entrer là où tu ne peux pas. - Piège : Je remonte le chercher tout seul, je connais la maison par cœur.
Au palier, tes jambes ne suivent plus : Les consignes publiques disent de ne pas revenir dans le bâtiment intoxiqué sans l'accord d'un professionnel. Tu as déjà respiré ce gaz pendant des heures : ta réserve est entamée, et une deuxième victime à l'étage ne sauve pas la première. Les pompiers ont des détecteurs et de l'air sur le dos. - Piège : J'attends dehors sans rien dire, ils vont bien le trouver en entrant.
Ils cherchent au rez-de-chaussée : Le contenu de l'alerte comprend le nombre de personnes concernées et l'état de chaque victime : c'est ce qui décide de leur ordre de recherche. Une maison a plusieurs pièces, et le temps qu'ils perdent à en ouvrir les portes est du temps que ton frère passe dedans.
Scène 6 · Le retour
Ils sont ressortis avec ton frère, il parle. Une pompier note des chiffres sur un appareil.
Ta mère grelotte et demande si on peut rentrer chercher les manteaux : les fenêtres sont ouvertes depuis vingt minutes, ça doit être passé.
Tout le monde a froid. Tu fais quoi ?
- Geste juste : Personne ne rentre avant qu'un professionnel le dise. Je demande des couvertures aux pompiers.
L'accord d'un professionnel, pas une impression : Les consignes publiques posent la règle sans condition : ne pas revenir dans le bâtiment intoxiqué sans l'accord d'un professionnel. Le monoxyde est inodore et incolore : ni ton nez ni tes yeux ne peuvent te dire qu'il est parti. Ceux qui sont dehors ont un appareil qui le peut, et c'est pour cela qu'ils sont là. - Piège : L'air est frais maintenant, on peut rentrer : ça se sent tout de suite.
Il n'y a rien à sentir, et il n'y en a jamais eu : Les sapeurs-pompiers le décrivent en quatre mots : inodore, incolore, toxique, explosif. Ce que tu sens en rentrant, c'est l'air froid de la fenêtre, pas l'absence de gaz. La consigne ne se juge pas au nez : ne pas revenir sans l'accord d'un professionnel. - Piège : Je rentre juste trente secondes chercher les manteaux et les téléphones.
Trente secondes, c'est déjà une inspiration de trop : La règle ne comporte pas de durée acceptable : ne pas revenir dans le bâtiment intoxiqué sans l'accord d'un professionnel. Tu as déjà passé la nuit dedans, et la source vient à peine d'être coupée. Les manteaux attendront la fin de la mesure.
Scène 7 · Les secours
Ils entrent avec un appareil qui affiche un nombre. Le nombre ne dit rien à personne sauf à eux, et il les fait ouvrir toutes les portes de la maison.
La chaudière est condamnée avec un autocollant. Vous partez tous les trois à l'hôpital, assis, en parlant.
Tu n'as rien deviné de ce gaz : tu as juste remarqué que vous aviez tous mal à la tête en même temps, et tu as ouvert deux fenêtres.