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l’ODERSAProgramme À votre santéFrançaisUne vraie urgence : 15 ou 112
Avant les secoursEntraînement aux gestes qui sauvent

Niveau 3 · Situations complexes

L'hémorragie grave et le garrot

Le garrot n'est pas le geste du courage. C'est celui qu'on pose quand appuyer ne marche pas, ou qu'on ne peut pas appuyer du tout.

La version jouée demande JavaScript. Le déroulé complet de la situation, ses trois choix par scène, les verdicts et les sources sont écrits juste en dessous : la leçon est entière sans jouer.

Fiche à imprimer

Hémorragie grave : comprimer, et le garrot si l'on ne peut pas

Sept règles, tirées du référentiel PSC1 2024 et du référentiel « Les Gestes qui Sauvent » du ministère de l'Intérieur, des Recommandations premiers secours de la sécurité civile, et des consignes publiques des sapeurs-pompiers et de la Croix-Rouge française.

  1. 1

    Comprimer, tout de suite

    La compression directe est indiquée sur toute plaie qui saigne abondamment, et c'est la technique la plus simple et la plus efficace pour arrêter un saignement. Appuyer avec la main, à travers un tissu propre si possible.

    Référentiel national « Les Gestes qui Sauvent », édition 2019 · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  2. 2

    Allonger, et ne pas se libérer sans relais

    Allonger confortablement la victime pour retarder l'installation d'une détresse. Si le sauveteur doit se libérer, il applique d'abord un tampon relais : une épaisseur de tissu propre qui recouvre complètement la plaie, fixée assez serrée.

    L'hémorragie · Croix-Rouge française · www.croix-rouge.fr
  3. 3

    Le garrot a une indication précise

    Quand la compression directe d'une hémorragie d'un membre est INEFFICACE, le saignement persistant malgré tout, ou IMPOSSIBLE : nombreuses victimes, nombreuses lésions, plaie inaccessible, corps étranger. Pas avant.

    Hémorragie : prévention des risques et conduite à tenir · Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France · www.pompiers.fr
  4. 4

    Au-dessus de la plaie, entre la plaie et le cœur

    À quelques centimètres de la plaie, entre la plaie et la racine du membre. JAMAIS sur une articulation.

    Référentiel national de compétences de sécurité civile, Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1), édition 2024, fiche « Hémorragies externes » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · mobile.interieur.gouv.fr
  5. 5

    Un lien LARGE

    Un lien de toile solide, non élastique, de 3 à 5 cm de large et d'au moins 1,50 m de long, avec une barre rigide de 10 à 20 cm pour serrer par effet tourniquet. Jamais un fil fin, jamais un garrot élastique.

    Référentiel national de compétences de sécurité civile, Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1), édition 2024, fiche « Hémorragies externes » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · mobile.interieur.gouv.fr
  6. 6

    Serrer jusqu'à l'arrêt, et maintenir

    Tourner la barre jusqu'à l'arrêt du saignement, puis maintenir le serrage, même si la douleur provoquée est intense. Le garrot est efficace si le saignement est arrêté ; s'il persiste, on resserre.

    Référentiel national de compétences de sécurité civile, Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1), édition 2024, fiche « Hémorragies externes » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · mobile.interieur.gouv.fr
  7. 7

    Visible, et jamais retiré

    Laisser préférentiellement le garrot visible. Couvrir la victime en laissant le garrot dégagé. Une fois mis en place, il ne doit jamais être retiré sans avis médical et ne doit être desserré que sur ordre du médecin. Appeler le 15, le 18 ou le 112.

    Recommandations premiers secours, fiches modifiées juin 2018 publiées, fiches « Garrot improvisé » et « Garrot spécifique » · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr

Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.

Sources vérifiées le 28 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-hemorragie-grave-et-le-garrot.html · contenus sous licence CC BY 4.0.

Le déroulé écrit, scène par scène

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.

Scène 1 · Ouverture

23 h 20, l'atelier. Elle débitait de la tôle à la scie circulaire, tu étais dehors avec le compresseur.

Quand tu entres, elle est assise contre l'établi, la jambe droite prise sous une plaque qui a basculé.

Le sol se tache en quelques secondes. C'est une hémorragie, il n'y a pas de doute à avoir.

Scène 2 · La compression

La plaie est sur la cuisse, en partie sous la tôle. Il y a un chiffon propre plié sur l'établi, à portée de main.

Ton téléphone est dans ta poche et personne d'autre n'est là.

Tu fais quoi de la première seconde ?

  • Geste juste : J'appuie tout de suite, directement, avec le chiffon, de tout mon poids, et je l'allonge.
    La compression directe, avant tout le reste : Le référentiel est net : la compression directe est indiquée sur toute plaie qui saigne abondamment, et c'est la technique la plus simple et la plus efficace pour arrêter un saignement. Puis allonger confortablement la victime, sur un lit, un canapé ou à défaut sur le sol, pour retarder l'installation d'une détresse liée à la perte de sang.
  • Piège : Je sors ma ceinture et je pose un garrot tout de suite : ça saigne trop.
    Tu n'as même pas essayé d'appuyer : Le garrot est indiqué lorsque la compression directe est inefficace ou impossible : c'est sa définition, et elle suppose qu'on ait essayé. Le garrot supprime totalement la circulation du sang dans le segment de membre concerné, et une fois posé il ne doit jamais être retiré sans avis médical. On ne commence pas par là.
  • Vanne : Je fouille la boîte à outils : il doit bien y avoir un vrai garrot quelque part.
    Trois clés de douze et un mètre ruban : Le matériel du garrot, tu l'as déjà : une sangle et un bout de bois. Mais le moment n'est pas celui-là, et ta main est libre.

Scène 3 · La compression échoue

Tu appuies depuis une minute et le chiffon est traversé. La plaie passe sous le bord de la tôle : tu ne peux pas atteindre la moitié de sa longueur.

Tu as un lien de toile de sangle d'arrimage sur l'établi, et un morceau de tasseau.

Le 15 est en haut-parleur par terre et te dit de continuer.

Tu ne peux pas atteindre la plaie et ça continue. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : La compression est impossible : je pose un garrot au-dessus de la plaie, entre la plaie et le cœur.
    C'est exactement le cas que le référentiel prévoit : Si la compression directe d'une hémorragie d'un membre est inefficace, parce que le saignement persiste malgré tout, ou impossible, notamment quand la plaie est inaccessible, alors on met en place un garrot au-dessus de la plaie pour arrêter le saignement, entre la plaie et le cœur.
  • Piège : J'ajoute une troisième épaisseur de tissu par-dessus et j'appuie plus fort.
    Ta main n'atteint toujours pas la plaie : Empiler des épaisseurs a du sens quand la compression fonctionne mais ne suffit pas. Ici la compression est IMPOSSIBLE : une partie de la plaie est hors d'atteinte, et le référentiel nomme précisément ce cas comme une indication du garrot. Continuer d'appuyer à côté de la plaie ne comprime rien.
  • Piège : Je passe la sangle en dessous de la plaie, vers le genou et le pied.
    Le sang arrive d'en haut : Le garrot se met en place AU-DESSUS de la plaie, entre la plaie et la racine du membre, c'est-à-dire entre la plaie et le cœur. C'est de là que vient le sang. En dessous, on serre un segment qui ne reçoit déjà plus rien.

Scène 4 · Le garrot

La sangle fait quatre centimètres de large et un mètre cinquante. Le tasseau fait quinze centimètres.

Sa cuisse, son genou, son mollet. Tu dois choisir où passer la sangle, et le référentiel a une réponse.

Tu poses le lien où, et avec quoi ?

  • Geste juste : La sangle large, deux tours à quelques centimètres au-dessus de la plaie, sur la cuisse, jamais sur le genou.
    Sur le muscle, jamais sur l'articulation : Le référentiel décrit le matériel et la place : un lien de toile solide, non élastique, de 3 à 5 cm de large et d'au moins 1,50 m de longueur, une barre de 10 à 20 cm, deux tours autour du membre, à quelques centimètres de la plaie, entre la plaie et la racine du membre, et jamais sur une articulation.
  • Piège : Je passe la sangle sur le genou, c'est l'endroit le plus étroit de la jambe.
    Jamais sur une articulation : Cette interdiction figure deux fois dans le référentiel, à côté de la description de la pose. Une articulation n'a pas la masse musculaire qui permet d'écraser les vaisseaux : on serre des os et des tendons, le saignement continue, et on abîme un genou en plus.
  • Piège : Je prends du fil électrique fin dans la caisse, ça serrera bien plus efficacement.
    Ça coupe la peau et ça n'arrête rien : Le référentiel donne des dimensions et pas au hasard : un lien de toile solide et non élastique, de 3 à 5 centimètres de large. Un fil fin concentre toute la force sur une ligne, il tranche les tissus superficiels sans comprimer les vaisseaux profonds. Le référentiel exclut aussi les garrots élastiques.

Scène 5 · Le serrage

Deux tours, un nœud, le tasseau glissé dessous, un deuxième nœud par-dessus. Tu commences à tourner.

Au troisième tour, elle hurle. Au quatrième, le saignement s'arrête.

Elle hurle et ça ne saigne plus. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je maintiens le serrage, même si la douleur est intense, et je bloque le bâton.
    Le référentiel a prévu ce moment, et il a prévu ta réaction : Tourner la barre de façon à serrer le garrot jusqu'à l'arrêt du saignement, puis maintenir le serrage par le sauveteur, même si la douleur provoquée est intense, ou par quelque moyen que ce soit si le sauveteur doit se libérer. Le garrot est efficace si le saignement est arrêté. En cas de persistance, on le resserre.
  • Piège : Je relâche d'un demi-tour, elle a trop mal et ça ne saigne plus.
    Ça repart aussitôt : Le référentiel anticipe précisément ce geste : maintenir le serrage même si la douleur provoquée est intense. Et une fois mis en place, le garrot ne doit jamais être retiré sans avis médical ; il ne doit être desserré que sur ordre du médecin. La douleur d'un garrot est le prix d'un membre et d'une vie.
  • Piège : Je pose sa veste par-dessus le garrot, elle grelotte et ça la cachera.
    Plus personne ne peut voir s'il tient : Le référentiel demande de laisser préférentiellement le garrot visible. Et il précise : si la victime est totalement recouverte pour éviter une hypothermie, l'efficacité du garrot doit être vérifiée régulièrement et fréquemment. Un garrot caché est un garrot que les secours ne verront pas en arrivant.

Scène 6 · L'attente

Le garrot est serré, bloqué, visible. Elle est allongée, très pâle, et elle a froid.

Le régulateur annonce sept minutes. Le sol ne se tache plus.

Sept minutes, et le saignement est arrêté. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je la couvre en laissant la cuisse et le garrot dégagés, je lui parle, et je ne touche plus à rien.
    Couvrir la victime, pas le garrot : Les deux consignes tiennent ensemble : protéger la victime contre le froid et la réchauffer si nécessaire, et laisser préférentiellement le garrot visible. On rassure la victime en lui parlant régulièrement, on surveille l'apparition de signes d'aggravation, et on rappelle les secours si l'état change.
  • Piège : Ça ne saigne plus : je desserre pour lui rendre sa jambe avant qu'ils arrivent.
    Ça repart d'un coup, et plus fort : Une fois mis en place, le garrot ne doit jamais être retiré sans avis médical, et il ne doit être desserré que sur ordre du médecin. La décision de lever une compression totale appartient à une équipe qui peut y faire face. Ce n'est pas de la prudence excessive : c'est la seule règle.
  • Piège : Il me semble mal placé : je le desserre pour le remonter un peu plus haut.
    Entre les deux, plus rien ne comprime : Le garrot ne se déplace pas : il ne doit être desserré que sur ordre du médecin. S'il est efficace, c'est-à-dire si le saignement est arrêté, il est bien placé. S'il ne l'est pas, le référentiel dit de le RESSERRER, pas de le bouger, et éventuellement d'en poser un second entre le premier et la racine du membre.

Scène 7 · Les secours

Quatre personnes entrent avec une planche et un sac orange. Le premier regard va à la cuisse, et ils voient le garrot tout de suite : c'est pour cela qu'on le laisse visible.

Ils ne le touchent pas. Ils posent une perfusion, ils la basculent sur la planche, et ils l'emmènent avec le tasseau encore bloqué.

Tu as appuyé une minute, serré une sangle, et tenu un bout de bois pendant sept minutes. C'était tout le cas, et c'était le plus dur du jeu.