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l’ODERSAProgramme À votre santéFrançaisUne vraie urgence : 15 ou 112
Avant les secoursEntraînement aux gestes qui sauvent

Niveau 3 · Situations complexes

L'accident de la route à plusieurs victimes

Celle qui crie est celle qui respire. Ce cas apprend à s'occuper d'abord de celle qui ne dit rien.

La version jouée demande JavaScript. Le déroulé complet de la situation, ses trois choix par scène, les verdicts et les sources sont écrits juste en dessous : la leçon est entière sans jouer.

Fiche à imprimer

Plusieurs victimes : protéger, compter, commencer par la silencieuse

Sept règles, tirées des consignes publiques de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, de la Croix-Rouge française et du référentiel « Les Gestes qui Sauvent » du ministère de l'Intérieur.

  1. 1

    Protéger, alerter, secourir

    Dans cet ordre, et sans exception. Gilet avant de sortir, feux de détresse, contact coupé sur tous les véhicules, personne ne fume. On n'approche que si cela ne présente aucun risque pour soi.

    Accident de la circulation : prévention des risques et conduite à tenir · Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France · www.pompiers.fr
  2. 2

    Ne jamais supposer que quelqu'un a appelé

    C'est écrit tel quel : ne jamais penser qu'une autre personne a déjà alerté les secours. Le 18 ou le 112.

    Accident de la circulation : prévention des risques et conduite à tenir · Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France · www.pompiers.fr
  3. 3

    Le nombre, et l'état apparent

    L'emplacement exact, le nombre et le type de véhicules, le nombre et l'état apparent des blessés. Bref et précis : c'est ce qui décide des moyens envoyés.

    Accident de la circulation : prévention des risques et conduite à tenir · Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France · www.pompiers.fr
  4. 4

    Celle qui crie respire

    Une personne consciente répond et réagit. Celle qui ne répond à aucune sollicitation est celle dont on ne sait rien : c'est vers elle qu'on va d'abord.

    Référentiel national « Les Gestes qui Sauvent », édition 2019 · Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l'Intérieur · www.interieur.gouv.fr
  5. 5

    Les témoins sont des mains

    Demander aux passants de vous aider ou de s'éloigner. Un rôle précis à une personne désignée : faire ralentir, attendre les secours à l'entrée, appeler à nouveau.

    Accident de la circulation : prévention des risques et conduite à tenir · Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France · www.pompiers.fr
  6. 6

    On ne sort personne d'un véhicule

    Laisser les victimes dans les véhicules, sauf incendie ou autre risque. Ne pas déplacer un blessé sauf danger imminent, ne pas le tirer par les membres, ne pas retirer un casque, ne rien donner à boire ni à manger.

    Accident de la circulation : prévention des risques et conduite à tenir · Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France · www.pompiers.fr
  7. 7

    Inconsciente et qui respire : sur le côté

    Desserrer ses vêtements, dégager ses voies respiratoires, position latérale de sécurité. Puis couvrir, parler, surveiller les aggravations et rappeler les secours si l'état change. En situation réelle : 15, 18 ou 112.

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Cette fiche entraîne. Elle ne remplace ni une formation certifiante, ni un avis médical. En situation réelle : 15 ou 112.

Sources vérifiées le 28 juillet 2026 · https://avantlessecours.odersa.org/cas/l-accident-a-plusieurs-victimes.html · contenus sous licence CC BY 4.0.

Le déroulé écrit, scène par scène

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l’imprimer, et pour que la page reste utile sans JavaScript.

Scène 1 · Ouverture

23 h 15, un carrefour de départementale sous la pluie. Deux véhicules en travers, une portière ouverte, un phare qui éclaire les haies.

Quelqu'un crie dans la première voiture. Plus loin, entre les deux véhicules, une forme au sol ne bouge pas.

Trois voitures se sont arrêtées derrière toi. Personne n'est sorti.

Scène 2 · Protéger

La départementale continue de rouler dans les deux sens. Les voitures ralentissent, regardent, et repartent.

Tu as ton gilet dans la boîte à gants et deux véhicules dont personne n'a coupé le contact.

Deux personnes t'attendent. Tu commences par quoi ?

  • Geste juste : Mon gilet, mes feux de détresse, les leurs, et je coupe le contact des deux véhicules.
    Protéger, alerter, secourir, dans cet ordre : Les sapeurs-pompiers résument tout accident en trois mots, et le premier est protéger. Mettre le gilet avant de sortir, allumer les feux de détresse, couper le contact de tous les véhicules accidentés, interdire de fumer autour. Rien de tout cela ne soigne quelqu'un, et sans cela il y a six victimes au lieu de deux dans la minute qui suit.
  • Piège : Je cours vers celle qui crie, elle a besoin de quelqu'un tout de suite.
    Rien n'est balisé et la route continue de rouler : La Croix-Rouge est nette : n'approchez le lieu de l'accident que si cela ne présente aucun risque pour vous. Et les sapeurs-pompiers commencent par protéger, précisément parce que le sur-accident est ce qui transforme deux blessés en carnage. Celle qui crie respire ; la route, elle, n'attend pas.
  • Vanne : Je prends deux photos pour l'assurance avant que tout ne bouge.
    Le flash n'aide personne, et il éblouit ceux qui arrivent : Les constats se remplissent plus tard, et jamais par le témoin. Ce que ton téléphone doit faire ce soir tient en deux chiffres et une adresse.

Scène 3 · Alerter

Les quatre feux de détresse battent. Les contacts sont coupés. Tu as ton gilet sur le dos.

Les trois voitures arrêtées derrière n'ont toujours envoyé personne.

Tu as le téléphone en main. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : J'appelle le 18 et je donne le nombre de véhicules, le nombre de blessés et l'état de chacun.
    Le nombre, et l'état apparent : Les sapeurs-pompiers demandent de mentionner le nombre et le type des véhicules accidentés, puis le nombre et l'état apparent des blessés. C'est ce qui décide de ce qu'ils envoient : deux blessés dont une qui ne répond pas ne mobilise pas les mêmes moyens qu'une tôle froissée.
  • Piège : Il y a trois voitures arrêtées : quelqu'un a forcément déjà appelé.
    Personne n'a appelé : C'est écrit tel quel dans les consignes des sapeurs-pompiers : ne jamais penser qu'une autre personne a déjà alerté les secours. Tout le monde suppose la même chose en même temps, et c'est comme cela qu'un accident reste dix minutes sans appel avec quinze témoins autour.
  • Piège : J'appelle et je raconte tout depuis le début, ils comprendront mieux.
    Il te coupe pour te demander combien de blessés : Les consignes tiennent en trois mots : garder son calme, être bref et précis. L'emplacement exact, le nombre et le type de véhicules, le nombre et l'état apparent des blessés. Le récit, c'est pour après, et le plus souvent il ne sert à personne.

Scène 4 · Qui d'abord

Le régulateur a raccroché. Deux personnes, un seul toi, et quatre badauds qui filment.

Celle de la première voiture t'appelle par-dessus le bruit. L'autre, au sol, n'a pas fait un geste depuis que tu es arrivé.

Tu vas vers laquelle ?

  • Geste juste : Je donne un rôle à deux badauds, et je vais vers celle qui ne dit rien.
    Celle qui te parle est consciente, et elle respire : Une personne qui répond et qui réagit est consciente : le référentiel réserve le mot inconscience à celle qui ne répond et ne réagit à aucune sollicitation. C'est donc de celle-là que tu ne sais rien. Et les sapeurs-pompiers ajoutent la consigne qui double tes mains : demander aux passants de vous aider ou de s'éloigner.
  • Piège : Je vais vers celle qui crie : elle souffre, c'est visible, l'autre a peut-être juste peur.
    Le bruit n'est pas la gravité : Crier demande de l'air, donc de la respiration, donc une conscience. Celle qui ne répond à rien est celle dont personne ne sait si elle respire, et les sapeurs-pompiers listent pour elle des gestes qui ne peuvent pas attendre : dégager ses voies respiratoires, la mettre sur le côté, masser si besoin.
  • Piège : Je sors les deux victimes des véhicules pour les mettre à l'abri.
    On laisse les victimes dans les véhicules : Les sapeurs-pompiers l'écrivent sans détour : laisser les victimes dans les véhicules, sauf en cas d'incendie ou autre risque. Et ne pas déplacer un blessé, sauf danger imminent. Une extraction improvisée déplace une colonne vertébrale dont personne ne sait dans quel état elle est.

Scène 5 · La silencieuse

Tu t'agenouilles à côté d'elle sur le bitume mouillé. Tu lui parles, tu lui prends l'épaule.

Elle ne répond pas. Mais son ventre se soulève, régulièrement, et c'est la meilleure nouvelle de la soirée.

Elle ne répond pas et elle respire. Tu fais quoi ?

  • Geste juste : Je desserre son col, je dégage ses voies respiratoires, et je la tourne sur le côté sans la déplacer davantage.
    Sur le côté, là où elle est : Les sapeurs-pompiers donnent exactement cette séquence : si la victime est inconsciente, desserrer ses vêtements, dégager ses voies respiratoires et la mettre en position latérale de sécurité. Sur le côté, avec le genou fléchi pour qu'elle ne roule pas, et sans jamais la tirer par les membres.
  • Piège : Je la tire par les bras pour l'éloigner du milieu du carrefour.
    Sa tête a suivi toute seule : Ne pas déplacer un blessé, sauf danger imminent. Et si un déplacement est vraiment obligatoire, les consignes précisent comment : ne pas la tirer par les membres, éviter toute torsion de la colonne vertébrale. Le carrefour est balisé et les contacts sont coupés : il n'y a plus de danger imminent, donc plus de raison de la déplacer.
  • Piège : Je lui mouille les lèvres avec ma gourde, elle a la bouche ouverte.
    Ni à manger, ni à boire : C'est une des quatre interdictions que les sapeurs-pompiers listent après un accident de la route, avec le casque et le déplacement. Une personne qui ne répond pas n'avale pas : ce que tu verses dans sa bouche descend dans ses poumons.

Scène 6 · L'attente

Elle est sur le côté et elle respire. Celle de la voiture a arrêté de crier et pose des questions.

Les badauds se sont rapprochés de trois mètres. Il pleut, il fait sept degrés, et les secours annoncent huit minutes.

Huit minutes. Tu en fais quoi ?

  • Geste juste : Je couvre les deux, je leur parle même à celle qui ne répond pas, et je fais reculer ceux qui regardent.
    Couvrir, parler, écarter : Les trois consignes sont dans la même liste : couvrir les victimes, parler aux blessés et les réconforter, demander aux passants de vous aider ou de s'éloigner. Parler à quelqu'un qui ne répond pas n'est pas absurde : personne ne sait ce qu'elle entend, et cela t'oblige à la regarder.
  • Piège : Je laisse les badauds s'approcher, ils ne dérangent personne.
    Ils se sont mis entre les véhicules et la route : La consigne est de demander aux passants de vous aider ou de s'éloigner : il n'y a pas de troisième possibilité. Un attroupement au milieu d'un carrefour la nuit devient la prochaine victime, et il gêne l'arrivée des secours, ce que les consignes demandent expressément d'éviter.
  • Piège : Je remonte dans ma voiture, il pleut, ils arrivent dans huit minutes.
    De là, tu ne vois plus si elle respire : Les consignes demandent de surveiller l'apparition de signes d'aggravation, et de contacter à nouveau les secours pour les signaler. Depuis un habitacle, à dix mètres, avec de la buée sur les vitres, aucune aggravation n'est visible. Huit minutes est exactement le temps pendant lequel il faut rester.

Scène 7 · Les secours

Deux engins arrivent par les deux bouts du carrefour et se mettent en travers, exactement comme tu avais essayé de le faire avec ta voiture.

Ils te demandent laquelle en premier. Tu montres celle qui est sur le côté, et tu dis qu'elle n'a jamais répondu.

Tu n'as touché personne, sauf pour tourner une épaule. Tu as mis un gilet, coupé deux contacts, donné deux chiffres et écarté quatre personnes. C'est tout, et c'est le cas entier.